Tunisie : Zine el-Abidine Ben Ali, au McDo de Djeddah

Zine el-Abidine Ben Ali, ex-président tunisien. © ALFRED DE MONTESQUIOU/AP/SIPA

Zine el-Abidine Ben Ali peut se targuer d'avoir inventé le « coup d'État médical ».

En octobre 1987, il vient d’être nommé Premier ministre de la Tunisie après avoir dirigé pendant des années la sécurité militaire et la sûreté nationale. À 51 ans, il devient ainsi le successeur constitutionnel du président. Tout le monde sait Habib Bourguiba, officiellement âgé de 84 ans, malade et sénile.

Ben Ali, aidé de Habib Ammar, le commandant de la garde nationale, et de Hédi Baccouche, un poids lourd du Parti socialiste destourien (le parti de Bourguiba), s’empare alors du pouvoir sans violence, simplement armé… d’un certificat médical. Dans la nuit du 6 au 7 novembre, sept médecins sont exhortés à rédiger un rapport établissant l’incapacité du chef de l’État à assumer ses fonctions. Les apparences de la légalité sont sauves.

Le « Combattant suprême », qui régnait depuis trente ans, est installé dans une résidence à Monastir, où il meurt en 2000. Après vingt-trois ans au pouvoir, le général Ben Ali sortira finalement par la petite porte, chassé par la révolution le 14 janvier 2011. Il vit depuis en exil en Arabie saoudite, avec son épouse Leïla Trabelsi. Il s’impose le silence, une condition pour bénéficier du soutien financier du royaume et d’une villa confortable à Djeddah, où l’on peut le croiser de temps à autre, avec ses enfants, au McDonald’s local.

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