Attentat de Grand-Bassam : Kounta Dallah, cerveau ou pantin ?

Par - à Bamako

Lors d'une conférence de presse, le 26 mars. © SIA KAMBOU/AFP

Commanditaire des attaques de Grand-Bassam selon la Côte d'Ivoire, il ne serait, selon le Mali, qu'un mercenaire au service des jihadistes.

Jusqu’à la tuerie du 13 mars, ce Malien de 40 ans était inconnu des services de renseignements. C’est pourtant lui que les autorités ivoiriennes ont présenté comme étant le cerveau de l’attentat de Grand-Bassam, images de caméra de surveillance à l’appui.

Que sait-on de Kounta Dallah ? Qu’il est né dans le Gourma, une vaste zone de pâturages située dans la région de Tombouctou, et qu’il a grandi dans une famille maraboutique sans histoire. L’un de ses amis d’enfance se souvient qu’avant d’aller tenter sa chance en Côte d’Ivoire « il faisait le commerce du thé et du sucre ».

Contacts avec les mouvements salafistes

C’est en 1996 qu’il arrive à Bouaké, où, selon un officier malien très au fait du dossier, il gère la boutique d’un commerçant mauritanien, sans jamais se faire remarquer. En 2000, il retourne au Mali, dans la région de Mopti, et se lance dans le commerce du bétail, mais, toujours selon cet officier, se rend régulièrement en Côte d’Ivoire.

En 2012, la crise politico-militaire qui frappe le Mali le contraint à l’exil au Burkina. Quand il revient au pays, les jihadistes d’Ansar Eddine et du Front de libération du Macina, d’Amadou Koufa, ont pris leurs aises dans les régions de Mopti et de Tombouctou. C’est à ce moment-là qu’il noue des contacts avec les mouvements salafistes.

« Un genre de mercenaire, mais pas un jihadiste »

Cependant, les témoignages recueillis rejettent l’hypothèse d’une possible radicalisation. Les autorités maliennes ne croient d’ailleurs pas qu’il soit le cerveau de l’attaque de Grand-Bassam. « Le vrai responsable, nous l’avons identifié, mais nous ne voulons pas dévoiler son nom pour ne pas gêner l’enquête », affirme le même officier malien. À l’en croire, Kounta Dallah est « un ami du cerveau, un genre de mercenaire, mais pas un jihadiste », « plutôt un homme qui a fait des repérages et a aidé à préparer l’attaque ». Selon l’enquête menée au Mali, il serait rentré au pays après les faits en empruntant un vol régulier Abidjan-Bamako.

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