RD Congo : Tshisekedi… après lui, qui ?

Étienne Tshisekedi, opposant politique historique congolais. © AP/SIPA

L'UDPS pourrait-elle survivre à Tshisekedi ? Pas évident : le vieux chef n'a jamais préparé sa succession et continue d'occuper toute la scène.

Dans l’histoire de la RD Congo, une règle simple s’est toujours vérifiée : jamais parti politique n’a survécu à son leader. On comprend donc que les 83 printemps d’Étienne Tshisekedi suscitent une certaine angoisse parmi les cadres de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). D’autant qu’il ne fait rien pour organiser sa succession.

« Même affaibli, il reste notre meilleur atout, affirme son fils Félix. Lui seul peut nous rassembler, sa magie opère toujours. » Le congrès, censé se tenir d’ici à quelques semaines à Kinshasa, devrait donc le reconduire à la tête du parti. Du moins, de ce qu’il en reste. Car l’éloignement du vieux chef (il a passé à peine plus de trois ans au pays durant la dernière décennie) l’a désorganisé.

Départs et désorganisation

Plusieurs cadres l’ont quitté, comme Albert Moleka, l’ancien directeur de cabinet de Tshisekedi, qui tente de faire revivre une ancienne dissidence, l’UDPS-Kibassa. D’autres ont été rétrogradés dans la hiérarchie, mais restent populaires auprès de certains militants avec qui ils ont constitué de petites baronnies. C’est le cas de Valentin Mubake, l’ex-conseiller politique de Tshisekedi, ou de Jacquemin Shabani, l’ancien secrétaire général de l’UDPS.

L’aile parlementaire, menée par Samy Badibanga, est toujours officiellement exclue pour avoir désobéi à la consigne de ne pas siéger. Enfin, la direction du parti à Kinshasa, incarnée par Bruno Mavungu, souffre de ne pas avoir un accès direct au président, resté à Bruxelles.

Les membres de l’entourage de Tshisekedi, essentiellement des Lubas du Kasaï, gardent en effet jalousement le contrôle de son agenda, monnayant parfois leur influence, réelle ou supposée. Ainsi, des négociations avec des émissaires du président Kabila se sont multipliées depuis un an sans que le « vieux » ait toujours donné son aval.

Son retour au pays ne serait donc pas de trop pour réunifier toutes ces tendances et galvaniser la base. Même dans cette éventualité, les cadres pourraient être de plus en plus tentés de négocier leur ralliement au pouvoir.