Kamal Benkoussa : « L’Algérie a un potentiel exceptionnel »

Kamal Benkoussa est entré en politique pour passer des idées à l'action. Ce quadra franco-algérien était le grand invité de l'économie RFI-J.A. © Sandra Rocha pour Jeune Afrique

Financier à la City pendant une quinzaine d'années, candidat à la présidentielle algérienne de 2014, Kamal Benkoussa est entré en politique pour passer des idées à l'action. Ce quadra franco-algérien était le grand invité de l'économie RFI-J.A.

L’interdiction faite aux binationaux d’être président

« Je m’indigne de cette nouvelle disposition constitutionnelle. On essaye de créer deux catégories d’Algériens, en faisant des binationaux des citoyens de seconde zone alors que la diaspora doit jouer un rôle important. Le pouvoir a peur de voir des personnalités compétentes entrer en politique. »

Et si l’on réformait l’économie

« La situation du pays est grave. Quelque 900 milliards [de dollars] ont été investis en quinze ans et pourtant, en termes d’infrastructures, de santé ou d’éducation, il y a de grands manques. Où est donc passé cet argent ? L’Algérie a manqué l’occasion de réformer son économie. Notre pays mérite d’avoir à sa tête des responsables dotés d’une véritable vision économique. »

Les atouts géographique et démographique

« L’Algérie bénéficie d’une situation géographique exceptionnelle. Il faut tourner le pays vers le Sud, comme l’avait envisagé la France avant la crise de 1929, en créant trois hubs portuaires et une ligne de train allant jusqu’en Zambie. L’idée était de permettre aux pays subsahariens d’avoir via l’Algérie un accès à la mer, vers l’Europe. Nous sommes par ailleurs l’un des seuls pays d’Afrique à être capables de développer une véritable industrie, notamment parce qu’il y a une poussée démographique importante, avec 50 millions d’habitants prévus dès 2025. Je suis en revanche plus réservé sur le potentiel agricole, en raison du manque d’eau. »

Quand la bulle explosera

« Les difficultés en Algérie s’expliquent aussi par un contexte international qui ne va pas s’arranger. Depuis la crise financière de 2008-2009, les banques centrales européenne et américaine ont fait marcher la planche à billets, créant une nouvelle bulle spéculative. Avec le ralentissement en Chine, cette bulle va exploser, notamment parce que Pékin n’aura d’autre choix que de dévaluer sa monnaie. »

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