Congo-Brazzaville : Jean-Marie Michel Mokoko et la vidéo qui tue

Par Jeune Afrique

L'ancien chef d'état-major de l'armée congolaise, candidat à la présidentielle du 20 mars (ici à Bangui, en mai 2014). © ISSOUF SANOGO/AFP

Une vidéo datant d'il y a quelques années montre Jean-Marie Michel Mokoko, ancien chef d'état-major et candidat à la présidentielle congolaise, en train de préparer un coup d'État contre Denis Sassou Nguesso.

Candidat à la présidentielle du 20 mars, le général Jean-Marie Michel Mokoko, 69 ans, dont le retour à Brazzaville le 9 février a été quelque peu chahuté, présente un profil qui n’a pas manqué de séduire les observateurs de la scène congolaise. Saint-cyrien de la même promotion que les généraux Mathias Doué (Côte d’Ivoire) et Babacar Gaye (Sénégal), démocrate, au-dessus des clivages régionaux, « légaliste et républicain soucieux du respect des lois, des règlements et de la Constitution par tous », ainsi qu’il se définit lui-même, cet originaire de Mossaka (Cuvette) est en outre bien vu par la communauté internationale pour avoir dirigé diverses missions de maintien de la paix, notamment en Centrafrique.

Enfin un adversaire crédible face à Denis Sassou Nguesso ! Mais outre le fait qu’il ne sera pas le seul (ce qui réduit sensiblement ses chances), Mokoko n’est en réalité pas tout à fait l’homme de paix qu’il prétend être – et certainement un grand imprudent.

Dans une vidéo d’une quarantaine de minutes tournée il y a quelques années et sans doute à son insu dans le bureau d’un avocat parisien à la réputation sulfureuse (et que J.A. a pu visionner dans son intégralité), on peut voir cet officier supérieur « légaliste » discuter de la préparation d’un coup d’État contre Sassou Nguesso en compagnie de barbouzes françaises se faisant passer pour des agents de la DGSE. Mokoko y détaille les mesures et effectifs de protection entourant DSN, discute de la liste des officiers supérieurs à neutraliser, se répand en propos peu amènes à l’égard de l’ancien président Pascal Lissouba et des populations du Sud qualifiées de « tribalistes » et va jusqu’à promettre à ses interlocuteurs qu’ils seront ses « partenaires au développement » une fois le putsch réussi !

Puis, cette fois face à la caméra, il s’applique à répéter sa déclaration de prise du pouvoir, au cours de laquelle il exprime aux Congolaises et aux Congolais ses regrets d’avoir eu recours à un coup d’État, la situation, hélas, ne lui laissant pas d’autre choix. L’ensemble est à la fois surréaliste et confondant de naïveté. De quoi nuancer sérieusement l’image très « politiquement correcte » de l’ancien chef d’état-major.

Voir ci-dessous la vidéo reçue par Jeune Afrique :

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