RDC – Cinéma : le combat du Dr Mukwege

Le gynécologue congolais Denis Mukwege, le 28 avril 2015 à New York. © D Dipasupil/AFP

Thierry Michel dresse un portrait hagiographique du médecin qui soigne les victimes de viol en RDC.

Depuis Mobutu, roi du Zaïre, en 1999, le talentueux cinéaste belge Thierry Michel ne cesse d’observer, documentaire après documentaire, l’histoire de la République démocratique du Congo en visitant en toute indépendance ses recoins qui lui paraissent les plus dignes d’intérêt. Ce qui lui vaut régulièrement de connaître quelques problèmes avec les autorités, qui finissent cependant toujours par être aplanis. Ce fut encore le cas avec L’Homme qui répare les femmes, réalisé avec Colette Braeckman, un temps interdit de projection en RDC.

On ne voit pourtant guère ce qu’on peut reprocher à ce portrait du Dr Mukwege, ce chirurgien aussi courageux qu’obstiné qui a entrepris de soigner corps et âme dans sa clinique du Kivu les femmes et les enfants victimes de viols et autres sévices depuis qu’un conflit atroce sévit dans la région. Peut-être n’a-t-on guère envie près du théâtre des opérations de voir conté dans un film comment ces viols sont devenus une véritable arme de guerre utilisée par les belligérants, une situation que dénonce sans relâche le médecin congolais dans son pays comme auprès des organisations internationales. Mais c’est ce qui fait le prix de ce film que de le montrer éloquemment, en suivant pas à pas le parcours de cet homme assurément pas comme les autres. À tel point qu’on peut regretter que l’auteur recoure parfois un peu trop à l’hagiographie pour évoquer son travail et son combat admirables.

>> L’Homme qui répare les femmes, de Thierry Michel et Colette Braeckman (sortie en France le 17 février).