Minerais : rien ne va plus !

La mine d'or de Kibali en RDC, exploitée par le groupe Randgold. © Randgold

Des cours qui chutent, une demande mondiale en berne… Les minerais traversent une mauvaise passe. Et l'Afrique va en faire les frais.

L’année 2015 a vu les cours des matières premières fortement chuter, et le fléchissement de la croissance économique chinoise, en réduisant la demande mondiale, devrait continuer de déstabiliser le secteur extractif en 2016. En Afrique, suppressions d’emplois et cessions d’actifs sont au programme. Passage en revue des principaux minerais concernés.

 

J.A.

Platine et or (en dollars/once) © J.A.

 

Le platine dans la tourmente

L’industrie du platine est durement affectée par le ralentissement de l’économie chinoise, et les scandales liés aux moteurs diesel (Volkswagen notamment) ne vont rien arranger. Le cours du minerai a chuté de plus de 30 % en un an, pour s’établir autour de 830 dollars (760 euros) l’once. Les plans de restructuration d’Anglo American, d’Impala Platinum et de Lonmin devraient porter en 2016 un coup sans précédent à ce secteur en Afrique du Sud. Afin de soulager les finances des miniers présents sur son sol, le Zimbabwe a de son côté décidé de baisser le niveau de ses prélèvements sur les ventes de platine.

 

L’or au plus bas

Malgré un léger rebond début 2016, le prix de l’or est à son niveau le plus bas depuis six ans : environ 1 100 dollars l’once. Le métal jaune a perdu ces derniers mois son profil de valeur refuge. En cause : l’augmentation par la Réserve fédérale américaine (FED) de ses taux directeurs, une première depuis 2006, mais aussi l’attractivité des marchés actions, qui détournent une partie des acheteurs potentiels, et la faiblesse de l’inflation en Europe et aux États-Unis. La baisse attendue de la production devrait néanmoins favoriser une remontée progressive du cours. En Afrique, les miniers réévaluent leur portefeuille, comme le prouve le désengagement de Randgold Resources, au Ghana, d’un projet qui devait être mené avec AngloGold Ashanti. Grâce à des coûts d’extraction moins élevés, les mines à ciel ouvert ouest-africaines sont moins touchées.

 

J.A.

Charbon (en dollars/once) © J.A.

Le charbon, ce repoussoir

Les groupes producteurs de charbon vont devoir compter avec des investisseurs récalcitrants. À l’occasion de la conférence des Nations unies sur le climat (COP 21), fin 2015 à Paris, une coalition représentant 4 000 milliards de dollars d’actifs a enjoint à Anglo American, Glencore et Rio Tinto de limiter l’impact de leur activité sur l’environnement. Mais pour l’heure, c’est davantage la baisse de la demande (notamment chinoise et peut-être bientôt indienne) qui pèse sur le secteur, en particulier en Afrique du Sud où il emploie plus de 90 000 personnes. Le charbon se négocie aux environs de 43 dollars la tonne. Ce contexte morose a poussé Glencore à vendre en décembre une de ses mines au groupe sud-africain Tegeta. Anglo American pourrait lui emboîter le pas.

 

J.A.

Cuivre et zins (en dollars/tonne) © J.A.

Le cuivre et le zinc, entre angoisse et optimisme

Désormais échangé autour de 4 400 dollars la tonne, le cuivre poursuit sa chute. Les producteurs regardent avec une certaine angoisse le cours se rapprocher des niveaux plancher atteints il y a dix ans (entre 4 000 et 3 000 dollars). Même tendance pour le zinc, qui a perdu environ 30 % de sa valeur sur les douze derniers mois, pour se négocier à moins de 1 500 dollars la tonne. En Afrique, cela se traduit par l’abandon de certains projets, à l’image de Glencore en RD Congo et en Zambie. Néanmoins, pour ces deux minerais, une partie des analystes conservent une dose d’optimisme : la demande restant robuste, ils prévoient déjà une remontée des cours. Mais peut-être pas avant 2017…

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