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Cet article est issu du dossier «Côte d'Ivoire : c'est déjà demain»

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Agroalimentaire

Côte d’Ivoire : l’anacarde, de la plantation à l’usine

La filière a généré un chiffre d'affaires de 337 milliards de F CFA en 2015. © OLIVIER POUR J.A.

Devenue le premier producteur mondial de noix de cajou, la Côte d'Ivoire doit maintenant relever le défi de la transformation. Plusieurs projets sont dans les cartons.

La Côte d’Ivoire a mis un peu moins de cinq ans pour s’imposer comme le premier producteur mondial de noix de cajou, devant l’Inde. Confronté à des problèmes climatiques, le pays asiatique, leader historique de l’anacarde, n’a produit que 600 000 tonnes cette année, quand la Côte d’Ivoire doublait presque ses volumes et atteignait pour la première fois les 800 000 t.

Cette performance est le fruit d’une réforme lancée en 2013 et pilotée par le Conseil du coton et de l’anacarde (CCA), dirigé par Malamine Sanogo. Cette révision du cadre avait essentiellement pour but de répondre au souhait énoncé par le président Ouattara d’optimiser la production – et sa qualité – afin de garantir un prix plus rémunérateur aux producteurs. L’amélioration de la gouvernance au sein de la filière a également permis une meilleure traçabilité des flux financiers. Selon le ministère de l’Agriculture, le chiffre d’affaires de l’ensemble de la filière anacarde est passé de 200 milliards de F CFA en 2013 à 337 milliards de F CFA en 2015 (514 millions d’euros), soit une augmentation de 68,5 %.

Reste à répondre au grand défi de l’industrialisation. Seulement 7 % de la production ivoirienne sont aujourd’hui transformés sur place, alors que l’Inde ou le Vietnam, troisième producteur mondial, transforment la totalité de leur récolte. « Afin d’accroître la transformation locale, au-delà de nos projets sur le terrain, nous avons lancé le premier salon international pour promouvoir les équipements et les technologies de valorisation de l’anacarde », explique Malamine Sanogo.

Les projets du gouvernement

Pour atteindre un taux de transformation de 35 % en 2016, le gouvernement a lancé trois projets majeurs, tous pilotés par le CCA. Le premier consiste en la création d’une unité expérimentale de transformation de 5 000 t à Yamoussoukro, en partenariat avec la compagnie vietnamienne Viet Mold Machine. L’Institut national polytechnique Félix-Houphouët-Boigny (INPHB), à Yamoussoukro, et l’université de Hô Chi Minh-Ville doivent apporter leur concours.

Le deuxième projet porte sur la création d’une usine de bioplastique (produit à partir de jus de pomme de cajou), dont la production pourrait atteindre 420 000 t par an. Les études de faisabilité devraient démarrer l’année prochaine. Sur ce projet, le CCA peut s’appuyer sur l’expertise de ses partenaires, l’INPHB toujours, mais aussi l’Institut national de recherche scientifique du Canada. La dernière initiative, menée avec les Israéliens du groupe agro-industriel Mitrelli, comprend la construction de douze usines de transformation d’une capacité unitaire comprise entre 5 000 et 15 000 tonnes par an.

« Notre objectif n’est pas de nous sub-stituer au secteur privé, mais d’apporter la culture de la transformation et de la valorisation aux Ivoiriens », explique Malamine Sanogo. Les producteurs privés n’attendent d’ailleurs pas tout des pouvoirs publics, comme le démontrent les nombreux projets industriels développés par le singapourien Olam et l’entreprise Ivoire Cajou, de l’homme d’affaires ivoirien Vassiriki Konaté.

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