Droit des femmes : les Saoudiennes à l’assaut des villes

À Jeddah, le jour du vote. © STR/AFP

Lors des municipales du 12 décembre, les femmes ont pu voter et se porter candidates. Une première dans l'histoire du royaume.

Elle s’appelle Salma bent Hizab al-Oteibi et sa victoire est à elle seule une petite révolution. Cette institutrice bédouine a été élue au conseil de la ville de Madrakah, dans la région de La Mecque, capitale spirituelle du pays et du monde musulman. Elle était opposée à neuf concurrents… dont deux femmes. « Toute ma vie a été une lutte. Quand mon oncle a entendu que je briguais un siège, il m’a dit combien ce serait dur », raconte Salma, qui a dû passer outre les réticences de sa famille mais a été soutenue par son mari.

C’est son engagement caritatif envers les plus démunis qui a convaincu les électeurs. Devançant son plus proche rival de vingt voix, elle s’est dite sûre d’avoir bénéficié du soutien des Saoudiennes, autorisées à voter (et à se présenter) pour la première fois de l’histoire du royaume, un droit accordé par le défunt roi Abdallah en 2011. Malgré les pouvoirs limités des conseils municipaux, Salma tient à mener à bien son programme, qui inclut l’amélioration de l’état des routes entre Madrakah et La Mecque, et le développement du tourisme local.

Près de 1,5 million de Saoudiens étaient inscrits sur les listes électorales, dont 119 000 Saoudiennes

Sur les 2 106 sièges à pourvoir dans les 284 conseils municipaux du pays, 20 ont été remportés par des femmes, dont 3 à Riyad, la capitale, 2 à Jeddah et 1 à Médine.

Parmi les 6 440 candidats en lice figuraient plus de 900 femmes, qui n’ont pu rencontrer leurs électeurs de sexe masculin face à face. Une bonne partie de la campagne s’est déroulée sur les réseaux sociaux. Près de 1,5 million de Saoudiens étaient inscrits sur les listes électorales, dont 119 000 Saoudiennes. Leur participation, supérieure à celle des hommes, a atteint 80 % dans certaines parties du pays.

Déjà 200 000 inscrits


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