Haute couture : Lagos sort ses griffes

Un défilé à la Fashion Week de Lagos, le 29 octobre 2015 © Sunday Alamba/AP/SIPA

Les créateurs nigérians ne séduisent plus seulement l'élite locale mais captivent une clientèle internationale. Trois marques conjuguent avec talent luxe et inspiration contemporaine : Gozel Green, Jewel by Lisa et Maki Oh.

Lagos, capitale de la mode… La mégapole nigériane n’en est pas là. C’est encore le pétrole qui fait battre le pouls de la plus grande ville du pays. Mais ses couturiers s’imposent peu à peu sur les podiums du continent et éclairent d’un jour nouveau le pays le plus peuplé d’Afrique. En octobre, leurs collections 2016 ont attiré plus de 3 000 personnes lors des quatre jours de défilés de la Fashion and Design Week de Lagos, dont de nombreux acheteurs étrangers.

Pour percer, les rois et les reines du patron peuvent s’appuyer sur une demande de plus en plus forte de l’élite locale, principale bénéficiaire de la nature généreuse du sous-sol. Sur 21 millions d’habitants, Lagos compterait déjà 9 500 millionnaires en dollars, heureux de pouvoir porter des créations locales à la hauteur de leur pouvoir d’achat. Gozel Green, Maki Oh, Meena, Orange Culture, Jewel by Lisa… Jeune Afrique vous invite à découvrir les marques les plus trendy du moment sur les rives de la lagune du fleuve Ogun.

Moussa Moussa

Gozel Green © Moussa Moussa

Gozel Green

Créée en 2010 par Sylvia et Olivia Enekwe, des sœurs jumelles, Gozel Green est la marque incontournable de ces derniers mois. L’écrivaine Chimamanda Ngozi Adichie, les actrices Omotola Jalade Ekeinde et Eku Edewor ne jurent que par ses collections arty, assemblages de grands blocs de couleur d’une simplicité subtile. Lors de la dernière Lagos Fashion Week, leur défilé, très remarqué, tirait son inspiration des vêtements que portaient les servantes au XIXe siècle.

Sarah Cresswell

Jewel by Lisa © Sarah Cresswell

Jewel by Lisa

En dix ans, la marque de Lisa Folawiyo est devenue un véritable phénomène au Nigeria dans le secteur du luxe. Cette autodidacte a fait défiler ses collections à Lagos, à Johannesburg et à Paris. Inspirées par les tissus traditionnels et accessoirisées, ses créations proposent des silhouettes résolument modernes qui n’hésitent pas à varier les longueurs et à jouer sur le contraste des motifs. En moyenne, la réalisation d’une pièce réclame deux cent quarante heures de travail.

Andre Penner/AP/SIPA

Maki Oh © Andre Penner/AP/SIPA

Maki Oh

En 2013, la griffe d’Amaka Osakwe avait connu, grâce à Michelle Obama, une visibilité internationale bien au-delà du cercle fermé des « fashionistas ». La première dame des États-Unis avait porté l’une de ses blouses lors d’un voyage en Afrique du Sud. Sélectionnée pour le prix LVMH en 2014, cette créatrice fait désormais partie, au Nigeria, des valeurs sûres. Futilité et absurdité de la vie sont les deux thèmes qui parcourent sa collection 2016. Entre pantalons fluides, robes tout en transparence et superpositions, et recours quasi permanent à l’indigo, elle surprend une nouvelle fois la critique.

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