Double nationalité : quels sont les pays africains qui l’autorisent ?

Des maliens à Montreuil (France) lors d'une manifestation, en janvier 2013 © Miguel Medina/AFP

Depuis les années 1960, la nature de leur relation avec leur diaspora ainsi qu'avec leur ancien pays colonisateur préoccupe les États du continent. Les Africains sont de plus en plus mobiles, à l'intérieur et à l'extérieur du continent, ce qui pose la question de l'accès à une double nationalité.

Un débat qui, dans le contexte actuel du projet de loi français sur l’extension des conditions de la déchéance de la nationalité, se pose avec acuité. Si la majorité des pays du continent en acceptent désormais le principe sans restriction, beaucoup avaient, au moment de l’indépendance, adopté une position opposée, obligeant les personnes d’ascendance européenne, asiatique ou moyen-orientale à faire un choix.

« Ceux qui ne prenaient pas la nationalité [d’un pays africain] étaient considérés avec suspicion, comme une « cinquième colonne » au service d’intérêts étrangers », explique une étude de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, la CADHP. Nécessité faisant loi, ces règles ont évolué. « À partir des années 1980, le rôle de la diaspora est devenu très important, en raison du volume de plus en plus élevé des transferts d’argent vers les pays d’origine, ainsi que de la qualité de ses membres », poursuit l’étude. Comme le Ghana en 2002 et le Niger tardivement, en 2012, la plupart des États ont sauté le pas, sans restrictions.

D’autres, plus prudents, n’autorisent les doubles nationalités qu’à certaines conditions : en cas de mariage, ou sur autorisation spéciale du gouvernement, comme en Égypte et en Afrique du Sud, afin de restreindre l’accès à certains postes sensibles. Enfin, le Cameroun, toujours méfiant envers une diaspora jugée hostile, et la RD Congo, où « la nationalité une et exclusive » de Mobutu reste de mise, font figure d’exception, et ont opté pour une interdiction totale du cumul de nationalités. Pour combien de temps encore ?

Double nationalité : à quelles conditions ?

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