Burkina Faso : Kaboré président… et maintenant ?

Un camion de campagne du candidat Roch Marc Christian Kaboré à Ouagadougou le 27 novemnbre. © AFP

Emploi, gouvernance, services publics… Sans majorité absolue à l'Assemblée, le président devra s'appuyer sur des petits partis pour mettre en œuvre les nombreux chantiers qui l'attendent.

Largement élu, Roch Marc Christian Kaboré n’a pas pour autant les mains totalement libres pour gouverner. Son Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) est arrivé en tête des législatives mais n’a pas recueilli la majorité absolue. Sur 127 sièges à l’Assemblée nationale, il en a gagné 55. L’Union pour le progrès et le changement (UPC) de Zéphirin Diabré est arrivé second, avec 33 députés, et le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti de Blaise Compaoré, a prouvé qu’il fallait encore compter avec lui en terminant troisième (18 sièges).

Pour obtenir les 9 élus qui lui permettront d’atteindre la majorité (au moins 64 députés), le camp présidentiel devra donc passer des alliances avec des « petits » partis ayant remporté moins de 5 sièges. Comme l’Union pour la renaissance-Parti Sankariste (Unir-PS), de Bénéwendé Sankara, qui était lui-même candidat à la présidentielle, ou le Nouveau Temps pour la démocratie (NTD), une formation satellite du MPP.

Roch Kaboré continuera très probablement à s’appuyer sur Simon Compaoré et Salif Diallo

Nul doute que ces futurs alliés obtiendront des portefeuilles dans le prochain gouvernement. Mais les postes clés resteront l’apanage de l’entourage du président. Outre différents cadres de son parti dont il est proche, Roch Kaboré continuera très probablement à s’appuyer sur Simon Compaoré et Salif Diallo. Ce dernier, tête de la liste nationale du MPP aux législatives, est pressenti pour présider l’Assemblée. Quant au Larlé Naba Tigré, qui jure ne prétendre à aucune fonction officielle, il devrait continuer à conseiller le chef de l’État en coulisses.

Côté programme, Roch a défini de nombreuses priorités. Sa première mesure forte devrait être l’adoption d’une nouvelle Constitution, consacrant la rupture avec le régime Compaoré et le passage à une Ve République. Il devra aussi rapidement s’attaquer à plusieurs gros chantiers, comme l’emploi des jeunes ou l’accès à l’eau et à l’électricité ; enfin, engager des réformes dans la justice, la fonction publique et la bonne gouvernance.

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