Togo : pas facile de se loger à Lomé

Les résidences Citéales, quartier Tokoin-Wuiti, dans le centre de la capitale. © APRÉSENT

Effet de l'essor démographique et de la croissance, Lomé est en plein boom immobilier. Mais l'offre en logements sociaux et économiques reste très insuffisante.

À Lomé, les chantiers résidentiels se multiplient. Le célèbre boulevard du 13-Janvier, principale avenue de la métropole, témoigne à lui seul de cette frénésie de construction, et la vente de terrains est également en plein boom. Mais force est de constater que, dans les principaux quartiers de la capitale, la classe moyenne et les populations vivant au-dessous du seuil de pauvreté ne parviennent pas à trouver de maison ou d’appartement où se loger, que ce soit en location ou à l’achat. La population loméenne continue de croître à un rythme soutenu, la ville se construit et s’agrandit, mais l’offre de logements sociaux et « économiques », notamment pour les fonctionnaires et les jeunes actifs du privé – de plus en plus nombreux -, stagne.

En 2008, conscient du problème, le gouvernement avait déjà souligné qu’il tenait à trouver des solutions pour permettre à toutes les catégories sociales du pays d’accéder à la propriété et à un logement décent. Et c’est finalement fin janvier dernier qu’un premier programme de construction de 1 000 logements sociaux a été lancé. Principalement destiné aux fonctionnaires de l’État (catégories A1, A2 et B), il s’inscrit dans la Stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi (Scape).

Les particuliers pourront acquérir ces logements via des crédits immobiliers sur quinze ou vingt ans, avec des taux d’intérêt raisonnables

À la suite d’une enquête foncière et après négociation avec les occupants, les pouvoirs publics ont retenu un terrain de 12,5 ha à Adidogomé (banlieue nord-ouest de Lomé) pour accueillir le projet, baptisé cité Mokpokpo (« espoir », en langue éwée). La réalisation du programme a été confiée à deux opérateurs étrangers, la Société ivoirienne de promotion immobilière (Sipim) et le marocain Abri 2000. La cité, où sont également prévus la construction d’une école et l’aménagement d’espaces verts, comprendra 420 maisons de plain-pied (de type 2, 3 et 4 pièces), ainsi que 120 appartements en immeubles collectifs qui seront commercialisés à des prix abordables, allant de 7 à 17 millions de F CFA (environ 10 700 à 26 000 euros). L’ensemble du programme devrait être livré en 2018.

Selon le ministre de l’Économie et de Finances, Adji Otèth Ayassor, les particuliers pourront acquérir ces logements via des crédits immobiliers sur quinze ou vingt ans, avec des taux d’intérêt raisonnables. L’État compte sur le secteur privé pour soutenir sa politique et, à cet égard, plusieurs banques présentes dans le pays, notamment Orabank, BIA et Banque Atlantique, se sont engagées à proposer aux fonctionnaires des plans de financement adaptés. La Caisse régionale de refinancement hypothécaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) participe elle aussi au projet.