Affaire de l’ « enregistrement Soro-Bassolé » : le verbatim de la première écoute

Par Jeune Afrique

Guillaume Soro (à g.) et Djibrill Bassolé, en 2007, à Ouagadougou. © AHMED OUOBA/AFP

Extraits de la première conversation, diffusée le 12 novembre sur internet. La voix 1 est présentée comme étant celle de Guillaume Soro ; la voix 2 comme étant celle de Djibrill Bassolé.

Voix 1 : J’ai appelé certains de nos chefs, là. […] Ils n’ont qu’à me donner le montant de leurs salaires. Je vais mettre un bonus de 15 ou 20 mille sur leur salaire. Je vais voir certains chefs ; on va cotiser et assurer ça.

Voix 2 : D’accord.

Voix 1 : Je veux que toi aussi tu voies, parce qu’il faut qu’on rentre dans la base, et que quand on donne aux grands chefs, ça ne descend pas forcément.

Voix 2 : C’est ça, ça ne descend pas.

Voix 1 : Donc moi, ce que je te propose, c’est que l’on regarde. D’ici quarante-huit heures, j’aurai des fonds et je peux t’envoyer quelque chose pour que toi aussi tu rentres dans la base.

[…]

Voix 1 : Voilà ce que je voulais te proposer : on frappe dans une ville en haut, quelque part là-bas ; on récupère un commissariat ou bien une gendarmerie. Eux, ils vont fuir. Ils ne peuvent pas résister. Et comme on me dit que l’armée est autour de Ouagadougou, si on frappe à un bout là-bas, l’armée va vouloir se réorganiser pour y aller. Si un centimètre carré est pris, ils sont obligés d’aller se battre. Au moment où ils décollent là, on refrappe dans un autre coin. Ça va les paniquer et le RSP, lui, il sort en deux temps. Ceux de Pô avancent sur 50 km et ceux de Ouaga sortent et frappent des cibles fortes, surtout le PM. C’est-à-dire des cibles fortes !

Voix 2 : Oui, d’accord.

[…]

Voix 1 : Est-ce que tu as quelqu’un par qui je peux faire passer les moyens pour que, toi, tu… ?

Voix 2 : Absolument. Je vais t’envoyer par SMS deux contacts téléphoniques. L’un et l’autre sont des gens absolument sûrs. Il suffit d’indiquer comment ça se fait ; même s’il faut qu’ils se déplacent, ils le feront.

Voix 1 : D’accord, très bien. Donc, quant à moi, ça marche. Je suis plutôt rassuré ; c’est dur mais on va y arriver.

[…]

Voix 1 : Mais il y a quelqu’un chez vous que moi je n’aurais jamais… En tout cas, quand on va finir tout ça là, il y a deux personnes que tu dois accepter que moi je règle. Il y a Salif Diallo et un Sy.

Voix 2 : Chérif.

Voix 1 : Non, non, non ! Ça, je ne vais pas laisser hein ! Non, Bassolé, quand même. Ces gens-là ne peuvent pas vivre et puis vous allez être tranquilles.

Voix 2 : Non, c’est vrai.

Voix 1 : Moi, je te le dis ! C’est-à-dire que quelle que soit, Bassolé, ta bonne volonté, tout ça là, ceux que j’ai cités ne peuvent pas être vivants et puis le Burkina va être tranquille.

Voix 2 : Ça, c’est vrai.

Voix 1 : Est-ce que tu imagines que nous, on aurait pu faire ce qu’on est en train de faire si Tagro et IB étaient vivants ? […] Tous les jours, IB allait chercher à faire coup d’État. Et vous êtes dans cette situation, Bassolé.

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