Djibouti : après la disparition d’Ismaïl Guedi Hared, l’opposition se divise

Daher Ahmed Farah, le leader du MRD, ne peut se présenter car il possède la double nationalité belgo-djiboutienne. © DR

Avec la disparition d'Ismaïl Guedi Hared, décédé le 23 septembre au Val-de-Grâce, à Paris, l'opposition djiboutienne a perdu un sage.

À 76 ans, l’ancien directeur de cabinet du président Hassan Gouled Aptidon ne pouvait plus briguer aucun mandat. Mais il était écouté et, avec sa capacité à fédérer, il représentait un facteur d’équilibre sur la scène politique. Il avait été l’un des promoteurs des négociations sur l’accord-cadre du 30 décembre 2014.

Son héritage est aujourd’hui contesté. L’Union pour le salut national (USN), coalition de huit partis, est divisée sur la stratégie à adopter pour la présidentielle d’avril 2016. Elle doit en principe présenter une candidature unique, jouant la carte de l’unité pour augmenter ses chances.

L’opposition n’a jamais été aussi influente que depuis qu’elle s’est unie et a participé au scrutin législatif de 2013

« Pas de Ceni, pas d’élections », scande l’USN à longueur de meetings. Ses militants ne font aucune confiance au pouvoir, qu’ils accusent d’avoir truqué les législatives. Si le blocage des négociations sur la « nouvelle Ceni » se poursuit, faut-il pour autant boycotter 2016 ? Les expériences passées n’ont guère été probantes, et l’opposition n’a jamais été aussi influente (et courtisée, y compris par les ambassades) que depuis qu’elle s’est unie et a participé au scrutin législatif de 2013. Mais elle doit encore se trouver un porte-drapeau.

Daher Ahmed Farah, rentré à Djibouti en 2011, mais préférant conserver sa citoyenneté belge acquise après un long exil à Bruxelles, est de facto hors jeu

Daher Ahmed Farah (DAF), le leader du Mouvement pour le renouveau démocratique et le développement (MRD), tribun hors pair et chef de file officieux de l’USN, a longtemps fait figure de candidat naturel. Rentré à Djibouti en 2011, mais préférant conserver sa citoyenneté belge acquise après un long exil à Bruxelles, il est de facto hors jeu. « L’homme du refus », qui considère le scrutin de 2016 comme joué d’avance, semble vouloir capitaliser sur son intransigeance pour préserver ses chances en 2021. Il n’aurait alors pas forcément intérêt à ce qu’un autre nom émerge, comme celui du Dr Abaté Ebo Adou. De là à soutenir un boycott pour avril prochain… Il n’y a qu’un pas. Que l’USN franchira – ou non.