Argentine : la chute de la maison Kirchner

Mauricio Macri lors de sa victoire aux présidentielles, le 25 octobre. © VICTOR R. CAIVANO/AP/SIPA

La contre-performance inattendue du candidat péroniste au premier tour de la présidentielle est un sacré coup de semonce.

«C’ est le début d’une nouvelle Argentine ! » Après le premier tour de la présidentielle, le 25 octobre, Mauricio Macri, maire de Buenos Aires et candidat de l’opposition, pavoisait. Après douze ans de pouvoir péroniste incarné par le couple Kirchner, il a recueilli 34,3 % des suffrages et talonne Daniel Scioli, le poulain de la présidente sortante.

Tous les sondages donnaient pourtant le candidat péroniste vainqueur au premier tour. Manqué. Pour la première fois dans l’histoire électorale locale, il y en aura un second, le 22 novembre. Son issue est incertaine. Pour le camp Kirchner, le coup est rude. Son Front pour la victoire (FPV) perd des sièges à la Chambre des députés, où aucune force ne détient la majorité. Il perd aussi la province de Buenos Aires, de loin la plus importante du pays. Jusqu’ici gouverné par Scioli, ce fief péroniste le sera à l’avenir par une jeune femme, María Eugenia Vidal. Le FPV conserve en revanche le contrôle du Sénat. Pour Scioli, les choses paraissent mal engagées, puisque Sergio Massa, un ex-kirchnériste arrivé en troisième position au premier tour, a annoncé son soutien à Macri.

Plus question de privatiser YPF, la compagnie pétrolière nationale, ni Aerolíneas Argentinas, la compagnie aérienne

Maire de la capitale depuis 2007, ce dernier est le fils d’un riche entrepreneur italien immigré. Pendant la campagne, il a mis une sourdine à son habituel discours libéral. Plus question de privatiser YPF, la compagnie pétrolière nationale, ni Aerolíneas Argentinas, la compagnie aérienne. De même, le système d’aides sociales créé par Kirchner n’est semble-t-il pas menacé.

Un débat télévisé crucial est prévu dimanche 15 novembre à la demande de Scioli, qui avait pourtant refusé de participer à celui organisé avant le premier tour. C’est dire si, pour les péronistes, l’heure est grave. Certains commentateurs s’interrogent sur le rôle que Cristina Kirchner sera amenée à jouer dans les semaines qui viennent. Au soir du premier tour, elle n’a fait aucune déclaration.

De nombreux défis attendent le futur président, quel qu’il soit : inflation supérieure à 25 %, déficit fiscal représentant 8 % du PIB, baisse du prix des matières premières… Et puis il y a l’épineuse question des créances détenues par les fonds dits vautours, qui représentent 7 % de l’ensemble des titres argentins. Tant que celle-ci ne sera pas résolue, l’Argentine ne pourra accéder aux financements internationaux.

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