Franc CFA : le recul de Déby ?

Par Jeune Afrique

Idriss Déby Itno, le président du Tchad. © Vincent Fournier/J.A.

Le communiqué final de la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales de la zone franc, qui s'est tenue à Paris le 2 octobre, ne mentionne pas un seul mot sur le sujet.

Pourtant, la sortie en août du président tchadien, Idriss Déby Itno, contre le franc CFA a bien fait l’objet de quelques explications entre Michel Sapin, le ministre français des Finances, et Lucas Abaga Nchama, le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), lors du petit-déjeuner de travail qui s’est tenu à huis clos ce jour-là. D’après nos informations, Nchama a assuré au ministre français que le Tchad n’avait aucune intention d’abandonner le franc CFA et que les propos d’Idriss Déby Itno avaient été sortis de leur contexte.

Crise grave

D’après une source proche des participants à cette réunion, « le Tchad [dont le président a d’ailleurs été reçu quelques jours plus tard par François Hollande] mais aussi les autres pays de la Cemac souhaiteraient que, dans le cadre de l’accord monétaire qui les lie au Trésor français, des dispositifs soient mis en place pour les aider à faire face à des situations de crise grave ».

Par exemple, au début de cette année, les six pays de la Cemac ont renoncé au dividende que leur verse annuellement la Beac au profit du Tchad et du Cameroun, qui sont en première ligne contre Boko Haram. Reste que le montant – quelques millions d’euros – est insignifiant comparé aux 165 milliards de F CFA (plus de 251 millions d’euros) que le Tchad a déjà dépensés dans sa guerre contre le terrorisme.

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