Burkina Faso : Allô ! Ici François Hollande

Michel Kafando et François Hollande à l'Élysée, le 14 juin 2015 © Ian Langsdon/AP/SIPA

« Pour François Hollande, le Burkina Faso est un modèle de transition démocratique ; il a suivi de très près le cours des événements », confie l'un de ses proches.

De fait, depuis octobre 2014, à chaque fois qu’il prononce un discours en Afrique, le président français brandit la révolution burkinabè comme un totem. Aussi ce 17 septembre – dès le lendemain du putsch -, le président français a logiquement condamné le coup d’État et exigé « la remise en place des institutions ». Le 20, à l’annonce des propositions de la Cedeao, il est de ceux qui les ont jugées trop favorables aux putschistes.

Le 21, il a téléphoné à l’un des deux médiateurs, le Sénégalais Macky Sall, ainsi qu’à l’Ivoirien Alassane Dramane Ouattara. Objectif : encourager les chefs d’État de la Cedeao à adopter le lendemain, lors de leur sommet extraordinaire à Abuja, la position la plus ferme possible face aux mutins. Ce même jour, le président français a durci le ton.

Dans un communiqué, il s’est dit prêt à demander à l’Union européenne de prendre des sanctions économiques contre le Burkina au cas où les putschistes s’entêteraient. Dès que Michel Kafando a été libéré, François Hollande l’a appelé. Selon un diplomate français, ce coup de fil a « regonflé le moral » du chef de l’État burkinabè.