Sécurité au Tchad : le réveil de l’ANS

Des vehicules des armees tchadienne et nigerienne, le 25 mai 2015 à Malam Fatori, dans le nord du Niger © Issouf Sanogo/AFP

La menace terroriste de plus en plus présente a forcé les services secrets africains à se moderniser, et à revoir en profondeur leur politique de renseignement. À qui le pouvoir a-t-il confié la difficile préservation de la sécurité nationale ? Au Tchad, Djiddi Saleh dirige l'Agence nationale pour la sécurité (ANS).

Les attentats de juin qui ont fait près de 50 morts ont-ils réveillé l’Agence nationale de sécurité tchadienne et tous les services sur lesquels elle s’appuie, comme l’armée et la police ? L’ANS n’aura, en tout cas, pas mis longtemps à réagir : une filière terroriste a été démantelée, et dix membres présumés de la secte Boko Haram ont été arrêtés, jugés, condamnés à mort, et fusillés le 29 août dans un champ de tir au nord de N’Djamena…

Si son histoire est aujourd’hui au cœur d’un procès retentissant – l’ANS est l’héritière de la tristement célèbre DDS (Direction de la documentation et de la sécurité), appareil répressif utilisé par l’ancien président Hissène Habré, actuellement jugé à Dakar -, son efficacité n’en a semble-t-il pas été affectée. Il faut dire qu’une partie des hommes qui dirigeaient cette agence redoutable sont toujours en poste. Son patron, lui, n’est pas de cette époque.

Méthodes musclées

Rentré au Tchad en 2009, Djiddi Saleh tient davantage sa légitimité de son exil en Libye, puis en Algérie, où il avait suivi l’ancien président Goukouni Weddeye, dont il est un proche, que des méthodes musclées de la DDS.

Originaire de la région du Bahr el-Ghazal, il bénéficie par ailleurs du soutien de la France – à l’instar du président Idriss Déby Itno. Des sources occidentales le qualifient d’ailleurs d’homme « brillant et très intelligent »…

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