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Croissance démographique en Afrique : « Une chance pour certains, un frein pour d’autres »

En 2050, la population africaine atteindra 2,5 milliards d'habitants © AFP

Gilles Pison est directeur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (Ined) à Paris et revient pour Jeune Afrique sur les avantages et les inconvénients que la croissance démographique du continent peuvent présenter.

Jeune Afrique : Peut-on agir sur le taux de fécondité d’un pays ?

Gilles Pison : Beaucoup le souhaitent, mais comment ? L’humanité connaît depuis deux siècles une transition démographique commencée en Europe et en Amérique du Nord. Dans un premier temps, la diminution de la mortalité a provoqué un excédent des naissances sur les décès et une hausse rapide de la population.

Dans un deuxième temps, les familles se sont mises à réduire les naissances, préférant investir davantage dans leur progéniture, ce qui induit de mettre au monde moins d’enfants pour mieux les soigner et mieux les former. Avec une famille nombreuse, comme cela existe encore souvent au sud du Sahara, l’effort financier que cela suppose n’est pas possible.

Sa forte croissance démographique est-elle une chance pour l’Afrique ?

Oui, à condition que sa population jeune, nombreuse et mieux formée trouve un emploi. Comme l’Asie et l’Amérique latine, l’Afrique pourrait, à plus long terme, profiter du dividende démographique : la part des enfants diminuant et celle des personnes âgées n’augmentant pas encore, elle bénéficierait d’un fort pourcentage de jeunes adultes productifs et pourrait atteindre une croissance économique à deux chiffres.

C’est aussi un danger…

En Afrique de l’Ouest, où la croissance de la population est relativement élevée, cette hausse pourrait constituer un frein au développement, car elle nécessite d’investir énormément dans l’éducation et la santé. Quand on atteint les taux de fécondité du Niger, il serait préférable de ralentir l’augmentation de la population pour qu’elle ne devienne pas un défi de plus pour les gouvernements.