Rentrée littéraire – Zoë Wicomb : la saison des saumons

Octobre, de Zoë Wicomb, traduction d'Edith Soonckindt, éd. Mercure de France, 304 pages, 23 euros, à paraître le 10 septembre. © © DR

« Octobre » de Zoë Wicomb paraîtra le 10 septembre. Il fait partie des livres attendus d'une rentrée littéraire riche en œuvres africaines.

Octobre. C’est à cette époque que le saumon, mû par un instinct qui ne souffre aucune contradiction, retourne « aux origines, au même ruisseau, pour y faire ses bébés ». Du moins en Écosse, où vit et enseigne Mercia Murray, « une femme de 52 ans qui vient d’être quittée » – comme l’écrit, dès la première ligne d’Octobre, Zoë Wicomb. Au même moment, dans l’autre hémisphère, au Namaqualand précisément, « de vieilles tortues sont assises des journées entières afin de se reposer dans le même petit bout d’ombre, comme si la terre n’avait pas bougé ». Et pendant ce temps, Jake, le frère de Mercia, se terre dans sa chambre et dans son alcoolisme.

Octobre. C’est l’automne à Glasgow et le printemps au Cap, et Mercia est de retour, répondant à l’appel au secours de Jake. Dans son village natal de Kliprand, elle vient apporter son soutien à Sylvie, sa belle-sœur à l’abord un peu rustre, et Nicky, son neveu de 4 ans qu’elle connaît si peu et dont elle se demande si l’on attend d’elle qu’elle l’emmène en Écosse, dans son appartement bien trop grand depuis que Craig l’a quittée.

Zoë Wicomb est elle-même née dans le Namaqualand, dans l’ouest du pays, il y a soixante-six ans. Et, comme Mercia, elle a vécu entre autres à Glasgow avant de revenir s’installer au Cap en 1990, alors que l’apartheid touchait à sa fin. Plus saumon que tortue, donc, elle connaît les questionnements que ne manque pas de provoquer le déracinement. Où, quand et avec qui est-on « chez soi » ? À travers d’incessants allers-retours entre Royaume-Uni et Afrique du Sud, mais aussi présent et passé, c’est cette interrogation qu’elle explore dans son quatrième roman.

Le passé, chez des Murray « obsédés par l’importance d’être des métis respectables », est pour le moins austère. Le père, Nicholas, est un instituteur pétri de foi qui, aime-til rappeler, s’est construit « à la force du poignet » – celle-là même dont il use pour corriger son fils au moindre écart. La mère, Nettie, est morte jeune. Quant au présent, c’est un Jake enfermé dans son mutisme et une Mercia qui fouille de vieux souvenirs, au risque d’exhumer de lourds secrets qui lui feront envisager d’un œil nouveau l’histoire familiale. Car pas plus que les liens du sol ceux du sang ne sont inconditionnels, semble suggérer Zoë Wicomb. Pas si saumon que ça, finalement.

 

Octobre, de Zoë Wicomb, traduction d'Edith Soonckindt, éd. Mercure de France, 304 pages, 23 euros, à paraître le 10 septembre.

 

Octobre, de Zoë Wicomb, traduction d’Edith Soonckindt, éd. Mercure de France, 304 pages, 23 euros, à paraître le 10 septembre.

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