Tanzanie : John Magufuli, vainqueur inattendu de la primaire du parti au pouvoir

John Magufuli, en juillet 2015. © Khalfan Said/AP/SIPA

Élu avec 87% des voix, il a de fortes chances de succéder à Jakaya Kikwete à la tête de la Tanzanie.

Cela ne fait plus guère de doute : John Magufuli, 55 ans, sera probablement le prochain président de la Tanzanie. En remportant l’investiture du Chama Cha Mapinduzi (CCM, « parti de la révolution » en swahili) le 12 juillet, le ministre des Travaux publics a fait le plus dur du chemin. L’ancien parti unique, au pouvoir depuis sa création en 1977, devrait à nouveau remporter les élections générales, en octobre, après avoir réussi à organiser une primaire sans s’entredéchirer.

Ce n’était pas gagné. Après le retrait annoncé de Jakaya Kikwete – le quatrième président tanzanien à quitter le pouvoir pacifiquement -, plus de 38 candidats s’étaient déclarés. Parmi eux, des poids lourds de la politique, tels que Mizengo Pinda, le Premier ministre, Edward Lowassa, son prédécesseur, ou Bernard Membe, le ministre des Affaires étrangères, soutenu par le président sortant.

Candidat de compromis, Magufuli a donc été élu avec 87 % des voix

Mais les rivalités internes se sont révélées si âpres qu’aucun de ces ténors n’a pu prendre le dessus. « Ils ont préféré s’éliminer les uns les autres plutôt que de laisser passer un rival », analyse Alexander Makulilo, politologue à l’université de Dar es-Salaam. Candidat de compromis, Magufuli a donc été élu avec 87 % des voix par les délégués.

Docteur en chimie, ce proche de l’ancien président Benjamin Mkapa est réputé travailleur et intègre. Un atout non négligeable dans un pays en forte croissance et confronté à une corruption rampante. Originaire de Chato, sur les rives du lac Victoria, dans le nord du pays, Magufuli est chrétien, ce qui permettra de respecter le principe de l’alternance confessionnelle au pouvoir – Kikwete est musulman. Cela ne l’a pas empêché de choisir pour colistière Samia Suluhu Hassan, une musulmane issue de l’archipel de Zanzibar, où la fibre indépendantiste reste vivace. Elle devrait devenir la première femme vice-présidente de l’histoire du pays.

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