Burkina : le RSP accuse Zida de complot

Par Jeune Afrique

Isaac Yacouba Zida © Théo Renaut/AP/SIPA

Les responsables du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) en sont convaincus : l'affaire du projet d'arrestation d'Isaac Zida à son retour de Taïwan a été montée de toutes pièces par le Premier ministre afin de « régler définitivement ses comptes » avec ses anciens frères d'armes.

Le 29 juin au soir, après l’audition par les gendarmes de trois officiers supérieurs (dont le chef de corps, le lieutenant-colonel Coulibaly) accusés d’avoir tenté de l’arrêter, des tirs ont éclaté dans le camp Naba Koom. « C’est Zida qui a tout organisé. Le but était de nous placer en détention, voire de nous liquider », lâche un responsable, très remonté. Un autre officier affirme que les sept soldats arrêtés après avoir ouvert le feu sont tous des proches du chef du gouvernement.

Des SMS très compromettants

L’un d’entre eux, décrit comme un de ses « fidèles », était en possession de trois Kalachnikovs lors de son interpellation. Selon nos sources au sein du RSP, d’autres auraient échangé « des SMS très compromettants » avec Zida et certains membres de son entourage. Les soldats arrêtés auraient également reçu de l’argent avant de passer à l’action. Nos interlocuteurs affirment que la trace de dépôts et de retraits suspicieux sur les comptes bancaires des militaires existe et s’étonnent que certains rouleraient en voitures de luxe avec seulement quelques années de service. Au moins trois autres soldats du RSP, suspectés d’être leurs complices, sont en fuite et toujours recherchés.

De son côté, le Premier ministre Isaac Zida s’est exprimé lundi matin, avant de s’envoler pour un visite officielle en Côte d’Ivoire, sur la crise qui l’oppose au RSP. Face à la presse, sur le tarmac de la base aérienne militaire de Ouagadougou, il a affirmé qu’il ne démissionnerait pas et que sa priorité restait l’organisation du premier tour des élections le 11 octobre prochain.