RDC-Angola : Lobito a un train d’avance

Employés de China Railways Corporation célébrant la fin des travaux sur la ligne ferroviaire de Benguela, de l'Angola au Katanga en RDC. © DR

En déshérence depuis le début de la guerre civile en Angola, en 1975, la ligne de chemin de fer reliant la ville de Lobito, an Angola, à celle de Luau, frontalière avec le Katanga, a été rénovée par la Chine. Depuis le début de l'année, elle est opérationnelle. Côté RDC, le trafic est largement à l'arrêt.

Depuis le début de l’année, les 1 340 km de ligne du chemin de fer de Benguela sont entièrement opérationnels. Construite par les Portugais au début du siècle dernier, cette voie ferrée stratégique pour l’évacuation des minerais traverse l’Angola d’ouest en est, depuis le port de Lobito, sur l’Atlantique, jusqu’à la ville de Luau, frontalière avec le Katanga. La ligne était en déshérence depuis le début de la guerre civile en Angola, en 1975, et le trafic avec la RD Congo suspendu depuis 1981.

Réalisés par China Railway Construction Corporation (CRCC), les travaux de rénovation, d’adaptation des voies au gabarit chinois (Pékin fournissant l’ensemble des matériaux et du matériel roulant) et de reconstruction des 67 stations de la ligne ont été menés de 2002 à 2014 pour un montant d’environ 2 milliards de dollars financé par l’État angolais. Depuis février, la société Caminho de Ferro de Benguela assure deux liaisons Lobito-Luau par semaine (un trajet d’environ trente heures, à une vitesse maximale de 90 km/h).

Et à Luau, tout le monde descend ! Car quelques mètres plus loin, au-delà la frontière, rien ne roule plus. Ou si peu. Malgré les efforts de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) pour programmer quelques trains sur la ligne Dilolo-Lubumbashi, le délabrement du matériel roulant et des voies – qui plus est fragilisées sur certains tronçons par l’activité de creuseurs illégaux – est encore loin de permettre la reprise du trafic.