Lionnes indomptables du Cameroun : Christine Manie, attention elle griffe !

Les Camerounaises lors de leur victoire contre l'Équateur (6-0) le 8 juin 2015, lors du Mondial de football féminin au Canada. © Darryl Dyck/AP/SIPA

Capitaine et pilier de la défense, elle a permis à la sélection camerounaise de se qualifier pour les huitièmes de finale du Mondial de football.

Elles ne se sont qualifiées que deux fois pour une grande compétition internationale : en 2012 pour les Jeux olympiques et cette année pour le Mondial, dont la finale se disputera le 5 juillet. Et, ces Lionnes indomptables le savent, elles le doivent en bonne partie à leur capitaine, défenseure mais volontiers buteuse. Du haut de son 1,60 m, Christine Manie est l’âme de l’équipe.

Depuis qu’elle foule les terrains, elle est de celles que l’on remarque. « C’est contre elle qu’on butait toujours », raconte à J.A. une ancienne adversaire, en évoquant le match qui les avait opposées le 8 mars 2002 à Okola, dans la région du Centre, et la « force discrète » d’une joueuse qui n’hésitait pas à « donner de la voix » : « L’amitié s’arrêtait le temps d’un match. Et elle reprenait à la fin des quatre-vingt-dix minutes. »

Née le 4 mai 1984 à Yaoundé, Christine a commencé à jouer au football à 7 ans, partageant la rue ou le terrain, après l’école, avec les garçons du quartier. Un passe-temps comme un autre, au pays du football roi. Ce n’est qu’ensuite, lorsque ses parents ont eu des difficultés à financer ses études, qu’elle a fait le choix de se consacrer à ce sport.

GaëlleTjat/DR

Christine Mannie, assise au centre, à l’occasion d’une rencontre, le 8 mars 2002, à Okola. © GaëlleTjat/DR

Championnat et Coupe de Roumanie

Parvenue en équipe première du Canon de Yaoundé en 2005, Christine rêve déjà de partir à l’étranger. Objectif atteint : en 2009, elle découvre Minsk et la Biélorussie, pour deux saisons, puis pose ses valises en Roumanie, où elle joue toujours, au CFF Olimpia Cluj. Elle y remporte le championnat et la Coupe de Roumanie et prend part à la Ligue des champions.

Dure au mal, experte dans la récupération et la conservation du ballon, efficace dans les contre-attaques, elle continue, à 31 ans, de parler d’effort, de travail et de cohésion comme d’une recette à transmettre. Celle avec laquelle, seule joueuse noire de Cluj, elle a conquis la planète du football féminin. Loin des rues de Yaoundé où elle affrontait les garçons du quartier.

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