Jeunes diplômés

Business schools : bientôt une accréditation purement panafricaine

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Né en 2007, l’Association des business schools africaines (AABS) rassemble aujourd’hui 50 établissements. Son nouvel objectif : développer une accréditation panafricaine aussi prestigieuse que ses homologues occidentales.

Equis, AACSB, Amba. Ces acronymes sont bien connus des étudiants à la recherche des meilleures écoles de commerce. Sur le continent, quelques business schools détiennent l’un de ces labels qui garantissent un standard de qualité internationale en matière d’enseignement, d’équipement ou encore de réseau. Pensés à partir de critères occidentaux, ils sont pourtant difficiles d’accès pour les établissements du continent. Seules les Sud-africaines UCT et Stellenbosch ainsi que l’Université américaine du Caire figurent dans la liste des 86 écoles triplements accrédités. C’est pourquoi, l’Association des business schools africaines (AABS) a décidé de créer une accréditation tout aussi exigeante à partir de standards africains.

Attirer le plus grand nombre

« Cette accréditation va avoir plusieurs bienfaits. Elle va permettre de créer un réseau homogène d’écoles en matière de niveau et d’aider les établissements européens, américains et asiatiques à mieux identifier les établissements pour travailler plus efficacement avec l’Afrique », espère Hanane El Kouari, directrice générale de l’AABS, fraîchement débarquée de l’IÉSEG, une école française de management.

Cinq ou six établissements ont déjà commencé le processus ».

Alors que les candidatures pour l’accréditation doivent ouvrir en octobre prochain, une dizaine d’établissements, anglophones pour la plupart, ont déjà exprimé leur souhait d’être audité. « Cinq ou six établissements ont déjà commencé le processus », confie Hanane EL Kouari.

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L’objectif reste d’attirer le plus grand nombre de membres. C’est pourquoi, en plus de son siège de Johannesburg, l’association vient d’ouvrir une représentation à Dakar : « Nous voulons envoyer un message à l’Afrique francophone et plus largement l’Afrique de l’ouest », confirme la directrice générale qui pilotera ses équipes depuis la capitale sénégalaise.

Accompagner les écoles

L’association incarne également le rôle d’accompagnateur dans la mise à niveau des écoles candidates. « Le manque d’homogénéité est une réalité. L’idée est de profiter du réseau pour mettre en place un système de mentorat afin de nommer un mentor comme l’université Bocconi de Milan ou la Française Iéseg, chargé notamment de l’audit et de l’assainissement des systèmes de gouvernance », souligne la dirigeante.

Le but principal est donc de ne pas reproduire les biais qui empêchent les écoles africaines de prouver leur qualité au reste du monde.

Une évaluation adaptée

Il existe deux raisons à l’absence d’accréditations Equis, AACSB ou Amba, des business schools africaines. Premièrement le manque de financement, qui empêche les établissements africains de fournir les mêmes prestations que les écoles occidentales. Deuxièmement l’inadaptation des critères exigés conditionnant l’obtention de ces précieux labels. Yasmine Benamour, la dirigeante du groupe marocains d’école de commerce HEM, fait d’ailleurs peu cas des accréditations internationales pour ces raisons.

Le but principal est donc de ne pas reproduire les biais qui empêchent les écoles africaines de prouver leur qualité au reste du monde. « La seule condition pour pouvoir candidater est d’être une école de management reconnue par son État. Et nous avons décidé d’ouvrir l’accréditation aussi au undergraduate schools [équivalent de la licence ou la maîtrise dans le système LMD, Ndlr]. Concernant le critère de la recherche académique, plus que de regarder dans quelle revue l’article a été publié nous nous intéressons aux impacts socio-économiques des travaux. Ils doivent être réels, tangibles et prouvés », affirme Hanane El Kouari.

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Créée en 2007 dans le but de fédérer un réseau panafricain d’écoles de commerce, l’AABS compte désormais une cinquantaine d’établissements membres. Actuellement, elle cherche à intégrer les écoles de management de pays peu représentés dans son réseau comme le Cameroun, la Guinée, le Bénin, le Togo mais aussi le Mozambique et la Guinée équatoriale.

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