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Le Rwanda mise sur Carnegie-Mellon pour booster l’emploi dans les TIC

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Depuis 2011, la prestigieuse université américaine Carnegie-Mellon met sur pied à Kigali un campus d'élite consacré aux technologies de l'information et de la communication.

Financé par la Banque africaine de développement (BAD) à hauteur de 10 millions d’euros, le futur campus de 16 hectares situé à Kigali est à l’image de la stratégie du Rwanda visant à développer une économie du savoir basée sur les technologies d’information et de communication. Lancée au printemps 2015, l’antenne africaine de la prestigieuse université Carnegie-Mellon de Pittsburgh aux États-Unis propose des formations de haut niveau. Un outil séduisant pour le gouvernement qui souhaite attirer investisseurs et multinationales afin de faire de ce campus un laboratoire de l’excellence africaine.

Le premier master à avoir vu le jour est celui en sciences des technologies de l’information ouvert désormais en formation initiale.

Former des créateurs de start-up

L’université Carnegie-Mellon du Rwanda (CMU-R), qui prévoit de recevoir jusqu’à 300 étudiants, a dans un premier temps proposé des formations à destination des professionnels. Le premier master à avoir vu le jour est celui en sciences des technologies de l’information ouvert désormais en formation initiale. Avec la volonté de former des créateurs de start-up, ce cursus propose à une trentaine d’étudiants un programme interdisciplinaire étalé sur 20 mois qui couvre des sujets clés en science des données, cybersécurité, génie logiciel et télécommunications.

Un second master en génie électrique et informatique vient compléter l’offre. D’une durée de dix à seize mois, il s’adresse aux étudiants qui souhaitent créer des solutions technologiques. Ces derniers suivent des cours fondamentaux et pratiques sur les réseaux sans fil, l’apprentissage automatique, l’analyse de données, la robotique ou encore l’Internet des objets. De nouveaux programmes devraient émerger tels qu’une maîtrise en machine learning.

Disponible à plein temps, une partie du corps enseignant vient de Pennsylvanie. Les autres sont africains.

Les mêmes diplômes qu’à Pittsburgh

Disponible à plein temps, une partie du corps enseignant vient de Pennsylvanie. Les autres sont africains, à l’image de la nigérienne Aminata Garba, spécialiste des télécommunications et lauréate du Next Einstein Forum 2018.

Seuls les meilleurs étudiants sont pris sur dossier. Une excellente maîtrise de l’anglais est notamment recommandée pour suivre ces cursus ainsi qu’un solide parcours universitaire, de bonnes compétences en programmation et beaucoup de créativité. À la clé, des diplômes identiques à ceux des étudiants de Pittsburg.

>> LIRE AUSSI : Thierry Zomahoun (Next Einstein Forum) : « Les jeunes africains veulent être à la fois scientifique et entrepreneur »

Coûts élevés

L’obstacle majeur reste le coût de la formation. Il faut compter près de 39 000 dollars par an pour lesquels le gouvernement distribue des bourses couvrant la moitié des frais d’inscription. En retour, la CMU-R bénéficie d’un très grand réseau d’entreprises disposée à accueillir des stagiaires en Afrique de l’Est, à l’instar d’IBM, Thomson Reuters ou encore Rwanda Revenue Authority.

Le nouveau bâtiment de la Carnegie-Mellon University est pratiquement achevé.

Kigali Innovation City

Le nouveau bâtiment de la Carnegie-Mellon University est pratiquement achevé. La capitale rwandaise mise également sur le Kigali Innovation City. Ce nouveau quartier situé à l’est de la ville est dédié aux nouvelles technologies et regroupera à termes d’autres écoles et universités, des laboratoires et des entreprises. La University of Global Health Equity destinée aux docteurs et pharmaciens est d’ailleurs en cours de construction.

Selon le Rwanda Development Board, l’objectif à terme de cet écosystème du savoir est de créer 150 000 emplois par an d’ici 2025. Le Centre de Recherche Collaborative de Kigali mise sur le secteur du numérique et des télécoms pour attirer les talents, y compris les personnes vivant dans les zones rurales défavorisées. Un fonds de 100 millions de dollars financé par l’État doit voir le jour pour aider les start-up à s’installer au Rwanda, qu’elles soient locales ou étrangères.

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