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Maroc : une université française lance sa formation au big data

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Les besoins en experts de la donnée explosent au royaume chérifien. L’occasion pour l’université de technologie de Troyes d’exporter son savoir-faire en proposant un diplôme universitaire aux Bac+2 et Bac+3.

Le besoin est global. Les profils capables d’appliquer leurs compétences mathématiques à l’informatique sont les perles rares du marché du travail au Maroc comme ailleurs. Alors qu’en 2015, seuls 5 % des recruteurs prévoyaient d’embaucher des data scientists, ce chiffre est passé à 13 % en 2016, selon l’étude Digital Trends Morocco. Selon la même source, en 2017, les data scientists dépassaient les développeurs web dans les intentions d’embauche. Il faut donc former ces profils pour, sinon répondre à tous les besoins, combler quelque-peu la pénurie.

Profils informatiques et mathématiques

Au royaume chérifien, la plupart des postes de cette filière sont à pourvoir à Casablanca. Et c’est dans ce poumon économique que l’université de technologie de Troyes (UTT) a choisi  s’allier avec la start-up Afica Data Lab pour lancer sa formation dans le big data suite à la signature d’une convention de partenariat stratégique courant avril. Les cours débuteront la dernière semaine de septembre. Une vingtaine de bénéficiaires se rendront dans les locaux de l’Africa data lab, une start-up installée dans le Technopark de Casablanca et spécialisée dans la transformation numérique par le biais de la formation.

Pour 35 000 dirhams (environ 3 160 euros), celle-ci prend la forme d’un diplôme universitaire délivré à l’issue de 180 heures de cours en présentiel étalés en quatre mois. Elle est principalement ouverte aux profils diplômés d’un Bac+3 en informatique ou mathématiques et aux Bac+2 qui ont déjà une première expérience professionnelle. « Il ne suffit pas d’avoir un intérêt pour le sujet, les candidats doivent avoir une base », souligne Babiga Birregah, responsable du mastère spécialisé expert big analytics et métriques à l’UTT et porteur du projet marocain.

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« Nous allons former des data ingénieurs qui savent mettre en place des process, développer des algorithmes calibrés, mener et suivre des projets. Dans l’entreprise, ils se situent à mi-chemin entre le data architect et le data scientist », ajoute l’universitaire.

Certificat

« La demande en compétences mathématiques appliquées à l’informatique explose et aucun pays n’est capable de fournir assez de candidats. C’est une révolution qui touche tous les secteurs. Prenez celui des assurances, les données leur permettent d’affiner leurs modèles grâce à l’historique des données qu’elles ont stockées sur leurs clients. Aujourd’hui, nous avons atteint une maturité technologique au niveau du stockage et du traitement des données qui nous permet de les exploiter facilement », explique Timothée Toury, chef de projet européen à l’UTT.

À en croire les études, les candidats sortants de cette formation seront rapidement courtisés par les recruteurs. Et s’ils veulent ajouter des cordes à leur arc, le nouveau diplôme d’université (DU) big data engineer propose des préparations aux certifications d’éditeurs de logiciels comme Cloudera, Hortonworks, MapR, Spark ou Amazon Web Services. « Les demandes de certification à une technologie développée par une entreprise sont de plus en plus demandées dans les offres d’emploi. Dans tous les cas celle-ci est un plus », remarque le chef de projet.

Des projets sur tout le continent

Le diplôme universitaire de Casablanca n’est pas la seule action que mène l’UTT sur le continent. « Depuis deux ans, l’Afrique est intégrée dans notre plan stratégique, car le manque d’ingénieurs se fait sentir partout dans le monde », rappelle Timothée Toury.

Ainsi, l’université participe aux réflexions avec l’Institut Mines-Télécom sur la mise en place d’un incubateur de formations sur le campus franco-sénégalais de Diamniadio. Elle est présente aussi au Sénégal où elle conseille les Écoles supérieure polytechnique de Dakar, Thiès et Saint-Louis pour le développement de filières en ingénierie informatique. Même chose au Togo à l’École nationale supérieure d’ingénieurs (Ensi), l’Université catholique de l’Afrique de l’ouest (Ucao) et au CIB-INTA de Lomé.

Au Cameroun enfin, l’UTT accompagne l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé, l’Institut Saint-Jean, l’Ucac-Icam à Douala et l’université de Buéa dans la refonte des programmes de formations d’ingénieurs. « L’idée est de sortir du modèle français qui n’est pas adapté aux besoins du continent. Nos réflexions couvrent à la fois les questions de compétences, de capacités d’accueil et de pédagogie », résume Timothée Toury qui conclut sur le fait que ces actions s’inscrivent dans les missions de l’UTT en tant qu’établissement public.

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