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Bénin : le parcours de Boris Brice Legba, jeune doctorant éloquent

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Doctorant à l’Université d’Abomey-Calavi au Bénin, Boris Brice Legba a reçu le prix de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) au concours international d'éloquence de Paris I. Portrait.

Depuis qu’il a décroché le prix de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) organisé par l’université Paris I le 28 mai dernier, la vie de Boris Brice Legba a quelque peu changé. Convaincu du pouvoir des mots sur les choses, le jeune scientifique compte se servir de cette expérience pour se cultiver davantage et renforcer ses capacités d’orateur. Il souhaite aussi collaborer avec d’autres spécialistes du genre, à l’instar de Sidoine Dako qui n’est autre que le deuxième finaliste béninois du même concours. « Je veux mettre en place des clubs d’art oratoire dans les lycées du Bénin, pour imprimer très tôt aux jeunes, la culture de l’éloquence ».

L’amour des mots

Grâce à son argumentation sur « La plume plutôt que le pavé » retransmis en direct depuis le Bénin sous la coupole du Panthéon, Boris a remporté un séjour culturel et académique prévu en 2019 à Paris. « Il fallait montrer comment l’écriture, symbolisée par la plume, pouvait se révéler être une meilleure arme que la violence symbolisée par le pavé ». Sans aucun doute, la plume était pour lui plus tranchante que l’épée.

Le plus important c’est ce que les études apportent à la construction de notre personnalité

L’amour du verbe, ce jeune scientifique l’a découvert après la licence. Bénéficiaire d’une aide complète du gouvernement béninois jusqu’à son bac+3, il finance seul la suite de ses études tout en donnant des cours de sciences naturelles dans un lycée. Lors de cette expérience, il découvre l’art oratoire et développe peu à peu son éloquence, de même que son goût pour la science. « Le plus important c’est ce que les études apportent à la construction de notre personnalité et à nos compétences », affirme-t-il.

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Facilités

Sa personnalité s’est formée étape par étape. Au collège comme à l’université, le garçon se souvient d’un lien privilégié avec ses professeurs. « Très tôt ils ont eu confiance en moi en me confiant de petites tâches, de petites responsabilités qui ont fait de moi celui que je suis aujourd’hui. Parallèlement, Je n’ai jamais eu besoin de produire de grands efforts pour avoir d’excellents résultats. J’étais plutôt l’élève qui, lorsqu’il y avait un exercice à faire, aimait se faire passer pour le professeur, en tentant d’expliquer comme lui », se rappelle-t-il.

 Parcours sans fautes

Originaire de Porto-Novo, le jeune homme conclut avec facilité ses études secondaires en 2010. Il s’envole ensuite pour Natitingou, au nord du pays, et intègre l’École Normale Supérieure où il obtient une licence en sciences de la vie et de la terre et vit son premier choc intellectuel : « Mes cours de sciences sur l’évolution des organismes vivants m’ont fait découvrir le célèbre Darwin et sa théorie de l’évolution qui m’a vraiment passionné. Et les cours de botanique m’ont permis de découvrir le potentiel immense de notre pharmacopée en termes de plantes médicinales ». Un déclic qui le motive à opter pour un master en physiologie et pharmacologie cellulaire en 2014.

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Suivra un travail de recherche sur la plante Crateva adansonii qui lui permet de décrocher le prix de la meilleure présentation africaine du concours de vulgarisation scientifique Imagine Pangea. Sur recommandation, le jeune homme, major de sa promotion, est alors positionné comme doctorant sur un projet de recherche financé par l’Académie des sciences du tiers monde (TWAS). À 26 ans, il est désormais en deuxième année de thèse en biochimie, microbiologie et pharmacologie des substances naturelles à l’Université d’Abomey-Calavi.

Je vois notre jeunesse scientifique comme la principale arme de la révolution économique.

Engagement

Tel un leader, il fait désormais de la science sa cause. Et de la science des mots, un art à travers lequel il déplore une recherche scientifique détourné de son rôle principal : le développement de son pays. « Nous avons de grosses difficultés à transformer nos ressources en richesse. Pour ma part, je vois notre jeunesse scientifique comme la principale arme de la révolution économique. Je rêve d’une Afrique et d’un Bénin, où les jeunes scientifiques innovent, développent des outils, travaillent ensemble pour faire rayonner leur pays ». C’est d’ailleurs dans ce sens qu’est née en 2016 son association « 229 jeunes scientifiques » qui a pour objectif de promouvoir l’innovation et la créativité. Selon lui, « l’État béninois devra accompagner de manière concrète les jeunes afin de tirer le maximum de leur potentiel au service du développement ».

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Deux prix Nobel

Chaque jour, ses pensées convergent vers l’objectif ambitieux qu’il s’est fixé : remporter pas moins de deux prix Nobel. L’un en science, l’autre en littérature, deux instruments qu’ils jugent efficaces pour faire changer les choses. « À l’image de Darwin et d’Einstein, je rêve d’être un scientifique qui apportera quelque chose de nouveau dans le domaine de la connaissance et de la vie en général. Mon but n’est pas le populisme, ou d’être celui dont tout le monde parle, mais je veux être celui qui aura apporté quelque chose de nouveau, de bien, d’utile dans la vie des gens ». Une façon pour lui de se sentir vivant.

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