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Burkina Faso : une fondation locale veut créer 250 000 emplois en cinq ans

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Former 8 000 personnes à un métier et à l’entrepreneuriat, c’est la mission que s’est fixée la fondation Ravi, créée en 2015. Elle veut ainsi créer 250 000 emplois directs et indirects d’ici 2022.

Le programme « Viables et agréables » (VA) de la fondation Ravi a été lancé le 7 juin 2018 à Ouagadougou sous le patronage du président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Il couvre tout le territoire national, avec une priorité accordée à la partie nord du pays, zone réputée très pauvre et en proie à des excursions terroristes répétées. À l’origine du projet, Salam Ouédraogo, ingénieur en télécommunication depuis 25 ans, prévoit de former 8 000 personnes en cinq ans dans les domaines de l’agriculture, de la pisciculture, de l’élevage, de la restauration, de la menuiserie, de la couture, de l’énergie solaire et du conseil.

Des soft skills à l’entrepreneuriat

Environ 200 personnes sont déjà inscrites. « Elles seront regroupées par localité pour une formation d’une durée de trois à dix-huit mois selon le domaine », précise Salam Ouédraogo. La formation doit se dérouler en quatre étapes principales. La première porte sur le développement personnel. L’objectif étant de permettre aux bénéficiaires d’avoir confiance en eux, d’identifier et de déployer leurs potentiels. La deuxième correspond aux connaissances théoriques du métier choisi. La troisième est dédiée à la mise en pratique de ces connaissances sur des sites aménagés par la fondation. La quatrième s’intéresse à la création d’entreprises viables.

Le programme incite les bénéficiaires à créer leur propre entreprise à la fin de la formation.

C’est la spécificité du programme. Il incite les bénéficiaires à créer leur propre entreprise à la fin de la formation. Et pour leur mettre le pied à l’étrier, la fondation Ravi se porte garant auprès des banques afin que des prêts soient accordés plus facilement aux porteurs de projets. Selon ses estimations, les 8 000 recrues devraient pouvoir créer 5 000 entreprises et engendrer 250 000 emplois en cinq ans. La formation est gratuite mais les frais de prises en charge des experts, préfinancés par la fondation, sont remboursables dès qu’une entreprise commence à être rentable.

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Cibler les jeunes et les femmes

À Ouagadougou, la fondation dispose de locaux modernes étendus sur un hectare.

Ouvertes principalement aux jeunes et aux femmes, diplômés ou non, les formations ont lieu dans la localité où les porteurs de projets se sont inscrits. À Ouagadougou, la fondation dispose de locaux modernes étendus sur un hectare. Dans les autres localités, les équipes travaillent en collaboration avec les conseils municipaux pour trouver des locaux, et avec des partenaires spécialisés dans l’insertion professionnelle pour les cours.

Un partenariat collectif pour réussir

Quant aux sources de financement, Salam Ouédraogo compte sur la générosité collective : « Nous n’avons pas d’argent déposé. Chacun peut être père ou mère pour la naissance d’une vie heureuse par un soutien financier ou une aide matérielle. C’est un partenariat collectif auquel nous croyons ». Les souscriptions sont ouvertes sur le site web de la fondation.


12 entreprises fonctionnelles, une trentaine en développement

En deux ans de phase pilote, le programme VA a produit douze entreprises. C’est le cas d’Émergence Énergie de Jacob Gouème, titulaire d’une licence en sciences et technologies de l’université Ouaga 1 professeur Joseph Ki-Zerbo. Lancée en 2016 avec 8 000 francs CFA (moins de 15 euros), elle emploie actuellement quatre personnes. Une trentaine d’autres entreprises sont en phase de création.

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