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Burkina Faso : Arsène Flavien Bationo, un directeur d’école aux compétences transversales

Par Gaston Sawadogo  | 

Directeur général de l’Institut supérieur de management, d’innovation et de communication (Ismic), une école qui forme des cadres en communication à Ouagadougou, ce burkinabè de 36 ans, formé en communication, journalisme, management et droit, est piqué par le virus de l’innovation.

Jovial et sympathique, il est cependant peu bavard. Surtout lorsqu’il doit parler de lui. Ses proches collaborateurs lui reprochent d’ailleurs cette faiblesse : le fait de se cacher derrière un masque de timidité et d’introversion pouvant repousser celui qui ne le connaît pas.

Leader et fédérateur

Un leader ne cherche pas d’excuses [mais] trouve des opportunités.

Qu’à cela ne tienne, son leadership fait l’unanimité. Il fédère du monde autour de ses idées et sort des sentiers battus. Pour lui, « un leader crée des ruptures, un leader a confiance en lui, un leader innove, un leader ne cherche pas d’excuses [mais] trouve des opportunités et inspire ». C’est ainsi qu’il fonde, le 1er janvier 2010, avec des amis d’université, le Groupe d’étude et de recherches en sciences et techniques de l’information et de la communication (Gerstic), dont il est le président. Ce groupe, à vocation académique et professionnelle, reconnu par l’État burkinabè le 20 juin 2011, se conçoit comme un laboratoire d’idées innovantes pour le développement, avec la jeunesse comme actrice de première ligne. Dans le continuum du Gesrtic, il initie, en 2013, les Journées d’études en sciences et techniques de l’information et de la communication (Jestic). Objectif : apporter des solutions adéquates aux problèmes de développement du Burkina à travers l’information et la communication. Afin de donner aux jeunes les aptitudes pour relever ce défi, il initie, dès 2015, le Forum innovation jeunesse et leadership (Fijel). Sa source d’inspiration : Sun Tzu, général de l’armée chinoise du VIe siècle av. J.-C. et auteur de L’Art de la guerre, présenté comme la bible de la stratégie.

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Une formation riche

Arsène Flavien Bationo est également coordonnateur de projets à l’Organisation catholique pour le développement et la solidarité (Ocades Caritas Burkina Faso) depuis 2015. À ce poste qu’il occupe après sept ans passés à celui de chargé de communication, de plaidoyer et de mobilisation des ressources, il veille à la mise en œuvre et au pilotage de deux projets : l’accès à l’eau potable et à l’assainissement/protection de l’environnement et l’appui à la maîtrise d’ouvrage des services d’eau potable et d’assainissement. Le suivi et l’évaluation, la formation et l’appui conseil des équipes de ces projets lui sont aussi dévolus.

Bationo tire ses compétences d’un parcours universitaire et professionnel riche : un master 2 en management de projets et création d’entreprises, une maîtrise en communication d’entreprise et relations publiques, un diplôme d’études universitaires générales en droit. En 2009, il effectue un stage de perfectionnement en communication, plaidoyer et fundraising à Secours catholique caritas France et à Caritas Tirol en Autriche. Quand on lui demande pourquoi toutes ces formations, il répond : « La recherche continue de l’excellence est le leitmotiv de nos actions ».

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Nous sommes en pleine civilisation du savoir. Toute connaissance qui n’est pas partagée finit par s’étioler.

Enseignant

Son rapport au travail est comme une course contre le temps. Dans son entourage, on estime qu’il a très peu de temps pour autre chose. Il dirige et préside des soutenances à l’École nationale de la magistrature. Enseignant à l’Ismic et dans six autres écoles supérieures du Burkina, il enseigne des matières comme intelligence économique, techniques de mobilisation de ressources, conception et lancement de nouveaux produits, marketing de l’innovation et de la créativité, branding et communication de marque.

« Nous sommes en pleine civilisation du savoir. Toute connaissance qui n’est pas partagée finit par s’étioler. Nul n’ayant le monopole de la science infuse, il faut aller au contact des autres. Cette interaction permet un enrichissement mutuel », avance-t-il lorsqu’on l’interroge sur ses motivations. Concevant la jeunesse comme « une force motrice, un catalyseur du changement », il crée l’Ismic en 2015 pour leur « offrir des meilleures opportunités de formation dans des métiers d’avenir ». Son rêve est que celle-ci ouvre le Burkina et l’Afrique au reste du monde.

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