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Côte d’Ivoire : licences et master pro en management à l’université des Lagunes

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À Abidjan, la faculté de sciences économiques et de gestion de l'université des Lagunes propose une pédagogie bien particulière dans ses formations adaptées au monde de l’entreprise. Un master 2 en management global sera proposé dès septembre 2018.

Depuis maintenant quatre ans, la Faculté de Sciences Economiques et de Gestion d’Abidjan s’impose peu à peu jeu dans le paysage universitaire africain. « L’université des Lagunes a été créée il y a six ans pour former des juristes. Puis les entreprises locales ont émis le souhait auprès du président François Komoin que l’université forme des gestionnaires. C’est là qu’on est venu me chercher », affirme Dominique Roux, le directeur pédagogique de la Faculté de Sciences Economiques et de Gestion. Ancien professeur à HEC Paris et professeur émérite à Paris Dauphine, ce dernier développe avec 48 enseignants internationaux un véritable projet pédagogique axé sur l’employabilité de ses étudiants.

Une pédagogie différente

La Faculté compte aujourd’hui 120 étudiants, de la première année de licence au master 1. L’objectif du corps enseignant, composé à 60 % de docteurs venus du monde entier et présent sur place durant la période de leurs cours, est de former des managers de haut niveau. Au-delà des disciplines traditionnelles des sciences de gestion, des enseignements dits d’ouverture sont organisés en petit groupe. « Au lieu de leur bourrer le crâne, on est parti sur l’idée de faire des initiations à la comptabilité en première année, explique Sandrine Peney, docteur en sciences économiques. On leur donne les bases, on essaie de comprendre comment raisonne un comptable avant de commencer la technique. En droit, on leur apprend le langage juridique avant de commencer à apprendre le code des affaires. On part des fondamentaux car bien souvent les étudiants ne sont pas préparés ». Au tour de Dominique Roux de renchérir : « Par exemple, je leur fais des cours d’expression écrite pour leur apprendre à rédiger correctement, à s’exprimer à l’oral. Ils font également des sessions de media training. Dès la deuxième année, nous avons des étudiants capables de s’exprimer. Cela paraît simpliste mais c’est la clé du succès. Puis progressivement on monte en puissance pour arriver au niveau master ».

Des stages obligatoires dès la deuxième année

Côté employabilité, il est exigé aux étudiants de maîtriser l’anglais, à l’instar de leurs voisins ghanéens. Des stages d’une durée de trois mois sont obligatoires chaque année à partir de la deuxième année. (stage de six mois en dernière année). Une manière pour les étudiants de se familiariser d’emblée avec le fonctionnement des entreprises. Pour se faire, la Faculté peut compter sur ses partenaires, tels que le distributeur Prosuma, qui a récemment pris en stage six étudiants de troisième année. Total, BNP ou encore IPS sont également de la partie. « Nous avons tout un ensemble d’entreprises locales qui est avec nous et garantissent des débouchés à l’issue de la formation. On fait tout cela pour que nos élèves décrochent un vrai job. Notre objectif c’est que ces jeunes restent en Côte d’Ivoire et travaillent dans leur pays », assure Sandrine Peney.

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Un partenariat avec l’ICN Business School

Le coût des études revient à 3 000 euros par an (environ 1 970 000 FCFA). Des systèmes de bourses sont mis en place en partenariat avec les mêmes entreprises citées plus haut. L’établissement est accessible aux titulaires du baccalauréat autant qu’à des étudiants post-bacs. En master 1, les étudiants ont également la possibilité de poursuivre leurs études à l’ICN Business School de Nancy, suite à une convention de partenariat signée en novembre 2016. « Actuellement nous en avons neuf qui font leur master à Nancy. Pour le master à Abidjan, on peut venir d’une autre faculté, c’est alors sur dossier et entretien », précise Sandrine Peney.

Ouverture d’un master 2

L’ouverture d’un master 2 aura lieu à la rentrée prochaine. Un nouvel amphithéâtre et deux salles de cours ouvriront également pour améliorer la qualité d’accueil du campus. Celui-ci s’est doté il y a sept mois d’un terrain de sport et d’un restaurant. L’université est également en pourparlers avec de nouveaux sponsors, tels que Lafarge, KPMG et Orange. « C’est toujours dans l’idée de financer des bourses, de proposer des stages. Les entreprises gardent ainsi un œil sur notre pédagogie. Et quand elles embauchent, elles savent qui elles embauchent. Selon moi, le seul juge de paix, c’est savoir s’ils trouvent du travail à l’arrivée », conclut Dominique Roux. Actuellement en master 1, une étudiante a d’ores et déjà créé sa micro entreprise dans le secteur cosmétique. D’ici quelques mois, d’autres s’apprêtent à leur tour à croquer le marché de l’emploi.

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