Formation continue

L’entrepreneur camerounais qui veut former 10 000 codeurs en Afrique

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Ingénieur de formation, né au Cameroun, Douglas Mbiandou est le fondateur d’Objis, un centre de formation professionnelle en informatique. Son rêve : faire du continent africain le premier fournisseur de développeurs au monde.

« Tout a commencé en 2015 au Congo Brazzaville quand j’ai eu l’occasion de former sur mandat de l’État congolais une trentaine de développeurs. J’ai improvisé des cours du soir. C’est là que je me suis dit qu’il était temps d’impacter positivement le continent dans lequel je suis né », raconte Douglas Mbiandou, jeune quadragénaire originaire de Yaoundé et fondateur d’Objis, une société spécialisée dans la formation continue pour le milieu du digital. Depuis cette première expérience à Brazzaville, l’entrepreneur camerounais s’active pour réaliser son rêve : former 10 000 développeurs d’applications web et mobile sur le continent d’ici 2025.

450 heures de formation sur 12 mois

Son projet, intitulé 10 0000 codeurs, a d’ores et déjà attiré 100 bénéficiaires au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Cameroun, les trois pays où il est actuellement déployé. « Les premiers sont en train de finir leur cursus. L’un d’eux a trouvé du travail de façon précoce dans une start-up qui confectionne des tablettes tactiles pour commerçants à Dakar. Dix autres sont en train d’être placés. On forme, mais la priorité c’est d’insérer nos diplômés chez nos partenaires », explique Douglas, qui confie avoir trouvé un accord de principe avec le groupe Atos pour placer des étudiants sous contrat.

La priorité c’est d’insérer nos diplômés chez nos partenaires.

Une fois inscrits via le site 10000codeurs.com , les bénéficiaires, âgés entre 20 et 40 ans, sont convoqués pour un entretien et un test. Le cursus compte 450 heures de formation étalées sur 12 mois à raison de 60 euros par mois. Pour s’inscrire, les candidats doivent également débourser 30 000 FCFA (environ 45 euros). « Les plus jeunes viennent pour la plupart d’un BTS ou d’un master en informatique mais ont besoin de faire davantage de pratique. Ce sont des cours du soir, trois fois trois heures par semaine. 70 % du programme est consacré à la technique pour les développeurs full stack, 10 % aux soft skills pour leur apprendre à s’exprimer avec des simulations d’entretiens d’embauche, 10 % d’anglais, et 10 % pour la partie entreprenariat et incubation ». À l’arrivée, toutes et tous repartent avec un diplôme de concepteur développeur web mobile certifié Objis.

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« Combattre le chômage des jeunes et des femmes »

Avec un chiffre d’affaires annuel de près de 500 000 euros en 2017 et un réseau de 250 clients tels que Ecobank, les douanes du Mali et du Bénin ou encore la CNSS du Togo, Objis vit une période clé de son développement en Afrique. À l’heure actuelle, la société emploie deux personnes en France, quatre au Cameroun, six au Sénégal et deux en Côte d’Ivoire, sans compter son réseau de formateurs indépendants. Avec ses tutoriels en libre accès, son site web attire près d’un demi-million de visiteurs chaque année. « Nous sommes en mode combat. On veut combattre le chômage des jeunes et des femmes. On trouve qu’ils manquent de repères. Ils ont besoin de grands frères formateurs. Il y a des dividendes démographiques en Afrique (deux milliards d’habitants en 2050, Ndlr) et le monde entier recherche des compétences dans le secteur du numérique », conclut Douglas qui compte lancer dans les prochains mois une plateforme de formation en ligne et financer les start-up de ses protégés.

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