Classement

L’Afrique francophone peine encore à développer ses talents

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Faire éclore les talents, les développer et les retenir est encore une mission compliquée à mener pour les pays d’Afrique francophone. C’est ce que révèle Global Talent Competitiveness Index 2018, une récente étude qui compare à ce sujet 119 pays dans le monde.

Seulement sept pays d’Afrique francophone figurent au classement du Global Talent Competitiveness Index 2018 (GTCI). Développé notamment par l’Institut européen d’administration des affaires (Insead), ce classement étudie la capacité de 119 pays à mettre en place un cadre favorable à l’émergence, le développement et la rétention de talents capables d’innover, d’entreprendre ou de diriger. S’ils figurent au palmarès, l’Île Maurice, la Tunisie, le Sénégal, le Maroc, l’Algérie, le Mali et Madagascar occupent plutôt le bas du tableau.

Maurice, bon élève

Première du classement régional, et 46ème au global, l’Île Maurice fait figure de bon élève mais ne coche pas pour autant toutes les cases. Selon le GTCI 2018, l’île remplit à 61 % les conditions pour permettre à sa population de développer ses aptitudes. Elle est particulièrement bien notée pour sa stabilité politique, son paysage réglementaire, la dynamique de son économie et sa capacité à développer rapidement une entreprise.

L’île de l’Océan Indien dispose également d’un cadre de vie agréable et de conditions sanitaires qui peuvent plaire aux talents et les faire rester. Au vu des résultats de l’étude, tout l’enjeu pour elle est de parvenir à attirer des talents extérieurs et développer un savoir de base qui demeure faible au niveau local. Sur ce plan, il se peut que le projet Uniciti, qui concentre plusieurs universités et écoles de renommée internationale permette de faire progresser l’île.

Tunisie, Sénégal, Maroc et Algérie très moyens

Au classement global, le Sénégal et les pays du Maghreb sont à peu près au même niveau. Alors qu’en Tunisie (83ème) les cerveaux quittent massivement le pays, encouragés par le gouvernement, c’est paradoxalement son potentiel de rétention des talents qui est mis en avant par les auteurs de l’étude. Les raisons, selon ses auteurs : le pays dispose de bonnes conditions sanitaires et d’un cadre de vie avantageux.

Comme l’Algérie et le Maroc, la Tunisie, dont l’offre de formation continue est jugée faible par l’étude, a en revanche de grosses lacunes sur sa capacité à développer ses compétences locales. Plus au sud, au Sénégal, c’est avant tout le nombre d’adultes diplômés de l’enseignement supérieur qui pèche.

Mali et Madagascar

Son voisin de l’Est, le Mali, est quant à lui 113ème du classement. La faiblesse de son gouvernement et son manque d’infrastructures technologiques et numériques explique en partie sa mauvaise position. Mais le Mali souffre aussi d’un taux d’enrôlement dans l’enseignement supérieur trop faible selon le GTCI. Un résultat corroboré par le taux brut de scolarisation dans le supérieur qui était de seulement 6 % en 2012, selon l’Unesco.

Avant dernier du tableau, devant le Yémen (un pays en guerre), Madagascar a un retard global à rattraper. Ses principales faibles résident dans la mise en place de conditions favorables au développement du savoir et des compétences et sur sa capacité à retenir les talents.

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