Afrique du Sud: coupures d’électricité les plus fortes depuis 2008

Par AFP

Afrique du Sud: coupures d'électricité les plus fortes depuis 2008 © AFP

La compagnie nationale d'électricité sud-africaine Eskom a procédé samedi pour la deuxième journée consécutive à des délestages tournants, les plus importants depuis en sept ans, suite à des incidents dans ses centrales électriques.

C’est la première fois depuis 2008 que les coupures atteignent le niveau 3 sur une échelle de 4, selon Andrew Etzinger, porte-parole d’Eskom.

Samedi, le trafic automobile était perturbé, privé de feux circulation, de même que certains centres commerciaux et l’alimentation électrique de nombreux foyers. « Cela va durer jusqu’à 22h00 (08h00 GMT) ce soir » samedi, a précisé à l’AFP. « La raison est que nous avons beaucoup de centrales hors service à cause de problèmes techniques et des problèmes d’approvisionnement en fioul sur certaines centrales à moteur diesel ».

La compagnie a aussi demandé aux consommateurs de réduire l’usage du courant de 10%.

Des délestages de niveau 4 avaient eu lieu en janvier 2008, entraînant une situation chaotique. Depuis, les tarifs ont explosé pour permettre à Eskom d’investir dans de nouvelles installations mais l’entreprise continue à ne pas générer assez de recettes.

En mars et en novembre, elle avait déjà coupé le courant plusieurs jours à plusieurs endroits, mais les délestages étaient d’une intensité plus limitée (niveau 2).

Pays le plus industrialisé du continent, l’Afrique du Sud a un réseau électrique (33. 000 à 35. 000 MW de puissance en moyenne) en permanence au bord de la saturation.

Le manque d’électricité est régulièrement cité parmi les causes du manque de croissance du PIB sud-africain qui ne devrait pas dépasser 1,4% cette année.

Le pays envisage de construire de nouvelles centrales nucléaires, en plus de celle de Koeberg (sud) déjà existante, un choix controversé en raison de son coût.

L’Afrique du Sud investit aussi dans le solaire, l’éolien, le gaz de schiste dont la prospection pourrait démarrer en 2016, sans compter le projet en République démocratique du Congo (RDC) pour agrandir le barrage hydroélectrique d’Inga.