Société

Sénégal : la grève des étudiants se poursuit

Une voiture de police brulée, à Dakar, lors des affrontements devant l'université, le 15 mai 2018. © DR / Michel Ba

Malgré le limogeage par le président Macky Sall de deux responsables de l'université où un étudiant a été tué, le mouvement de grève se poursuit dans les universités publiques du pays.

Les étudiants dans les universités publiques du Sénégal sont en grève depuis la mort mardi d’un des leurs à l’Université Gaston-Berger (UGB) de Saint-Louis (nord), au cours de confrontations avec les gendarmes.

Le recteur et le directeur du centre des œuvres de l’UGB ont été limogés par le président, Macky Sall, et remplacés samedi. « Ce sont des mesures conservatoires devant permettre aux étudiants de retourner dans les amphithéâtres », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Seydou Guèye, sur la télévision publique.

« L’enjeu est de retourner à l’université et de régler les problèmes par la démarche syndicale. Les étudiants auront l’intelligence pour comprendre la situation et ne pas se laisser piéger par les marchands d’illusions », a t-il dit, en allusion à l’opposition qui « jette de l’huile sur le feu pour espérer capitaliser le mécontentement » des étudiants.

Retard de paiement des bourses

La coordination des étudiants de Saint-Louis a maintenu dimanche son mot d’ordre de « grève illimitée ». « Nos revendications ne visaient pas seulement les départs du recteur et du directeur du Crous » qui marquent « le commencement de notre combat. La grève continue », a déclaré un responsable de la coordination, Cheikh Anta Diallo, sur la radio privée Futurs médias.

« Les étudiants attendent plus, l’aboutissement de l’enquête qui débouche sur un procès condamnant le meurtrier » et les départs du ministre de l’Enseignement supérieur et du ministre de l’Économie et des Finances, a dit M. Diallo.

Ce dernier est mis en cause pour le retard du paiement des bourses. Les étudiants de l’UGB, qui protestaient contre ce retard, ont voulu se servir dans les restaurants universitaires sans payer. Le rectorat avait fait appel aux forces de l’ordre pour empêcher cette action, ce qui a déclenché les troubles, selon les autorités.

L’étudiant de l’UGB tué, Mouhamadou Fallou Sène, 25 ans, marié et père d’un garçon, « est décédé suite à une blessure par arme à feu », selon le procureur de Saint-Louis, Ibrahima Ndoye. L’enquête sera bouclée au plus tard dimanche, avait dit M. Ndoye.

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