Nigeria : 3 soldats tués dans l’attaque de Boko Haram contre une ville du nord-est

Par AFP

Des combattants du groupe jihadiste nigérian Boko Haram ont pris le contrôle d'une ville du nord-est du pays entre samedi et dimanche 25 et 26 novembre 2017, pillant des réserves de nourriture et faisait fuir les habitants, avant que l'armée ne les chasse. © AFP / Stefan Heunis

Au moins trois soldats ont été tués et six autres blessés dans des affrontements avec des combattants du groupe jihadiste nigérian Boko Haram qui ont pris entre samedi et dimanche le contrôle d'une ville du nord-est, avant d'en être chassés, a annoncé l'armée.

Samedi vers 20H30 locales (19h30 GMT), un nombre important de combattants jihadistes ont attaqué la ville de Magumeri, située à environ 50 km au nord de la capitale de l’État du Borno, Maiduguri, pillant des réserves de nourriture et faisant fuir des habitants, selon des sources sécuritaires.

Le colonel Timothy Antigha, l’un des porte-parole de l’armée nigériane, a affirmé dimanche que les combattants avaient attaqué une base avancée de l’armée à Magumeri et qu’ils avaient été repoussés. « Nos troupes se sont vaillamment battues. Malheureusement, trois soldats ont perdu la vie et six autres ont été blessés », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Une source militaire à Maiduguri, interrogée par l’AFP sous couvert d’anonymat, a précisé que les assaillants pourraient être venus de Dabar Masara, une île sur le Lac Tchad, où la faction de Boko Haram loyale à Abou Musab Al Barnaoui a des bases.

En août 2016, le groupe État islamique (EI) a désigné de manière unilatérale Al Barnaoui, fils du fondateur de Boko Haram, comme nouveau chef du groupe jihadiste nigérian.

La source militaire interrogée par l’AFP a qualifié l’attaque de samedi d' »invasion massive », précisant que les militaires avaient dû battre en retraite dans l’attente de renforts. « Ils (les assaillants, NDLR) avaient des armes lourdes et nos forces ont été dépassées. Après une intense bataille, elles ont été obligées de battre en retraite », a ajouté cette source.

« Des renforts ont ensuite été déployés, ils ont combattu les terroristes et les ont repoussés hors de la ville, qui est maintenant sous le contrôle total de l’armée nigériane », a poursuivi cette source militaire, précisant que les habitants qui avaient fui dans la campagne environnante avaient commencé à rentrer chez eux.

Un membre de la CJTF (Civilian joint task force – milice civile d’autodéfense), interrogé par l’AFP, a confirmé cette attaque.

« Boko Haram a brièvement pris le contrôle de Magumeri hier (samedi) après avoir repoussé les soldats hors de la ville (…) Des civils ont alors fui, et plus tard des renforts sont arrivés, qui ont repris la ville », a ajouté ce milicien sous couvert d’anonymat, précisant que les combattants de Boko Haram ont été présents dans la ville pendant plusieurs heures jusqu’à tôt dimanche.

Selon ce milicien, cette attaque correspond à une « tactique classique » de Boko Haram: « piller des denrées et se montrer en ville; même si les soldats en renfort ne s’étaient pas déployés, ils (assaillants) se seraient retirés après avoir pillé et détruit » ce qu’ils pouvaient.

L’insurrection jihadiste de Boko Haram a fait 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009 dans le nord-est du Nigeria.

L’État du Borno, épicentre du conflit, n’a connu aucun répit depuis le début du conflit.

En juillet, au moins 69 personnes – en majorité des soldats et des miliciens d’autodéfense – ont été tuées dans une embuscade tendue aux membres d’une mission de prospection pétrolière dans cette même région de Magumeri.

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