Maroc et « argent du haschich » : Rabat rappelle son ambassadeur en Algérie

Par AFP

Le ministre algérien chargé du Maghreb et de l'Union africaine lors d'une conférence de presse à Rome le 8 avril 2015. © Alessandra Tarantino/AP/SIPA

Le Maroc a annoncé samedi avoir décidé du rappel pour consultation de son ambassadeur à Alger, en réaction à des déclarations du ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, accusant des entreprises marocaines de "blanchir l'argent du haschich" en Afrique.

Qualifiant dans un communiqué les déclarations de M. Messahel de « gravissimes », le ministère marocain des Affaires étrangères a également indiqué avoir convoqué vendredi soir le chargé d’affaires de l?ambassade d?Algérie pour lui faire part du « caractère irresponsable, voire enfantin » des propos visés.

Intervenant la veille à Alger lors de l’université d’été du Forum des chefs d’entreprise, le chef de la diplomatie algérienne a évoqué la montée en puissance des investissements marocains sur le continent au cours des dernières années, et la rivalité entre voisins maghrébins dans ce domaine.

« Les banques marocaines, c’est le blanchiment de l?argent du haschisch, ça tout le monde le sait. C’est des chefs d’Etats africains qui me le disent », a affirmé Abdelkader Messahel, selon des extraits de l’intervention largement partagés samedi matin sur les réseaux sociaux et internet.

« Si c’est ça les banques, je ne sais pas, personne ne nous impressionne. La Royal Air Maroc (la compagnie publique marocaine, ndlr) transporte autre chose que des passagers, et cela tout le monde le sait. On n’est pas le Maroc, On est l’Algérie. On a un potentiel, on a de l’avenir. Nous sommes un pays stable », a-t-il renchéri.

Pour Rabat, ces « propos affabulatoires » sont « d’un niveau d?irresponsabilité sans précédent dans l’histoire des relations bilatérales » et « témoignent d’une ignorance aussi profonde qu’inexcusable des normes élémentaires du fonctionnement du système bancaire et de l’aviation civile ».

« Ces déclarations sans fondement ne sauraient porter atteinte à la crédibilité ni au succès de la coopération (…) avec les pays africains », a encore souligné Rabat, avant de cibler à son tour Alger.

« Ces allégations mensongères ne peuvent justifier les échecs ou cacher les véritables problèmes économiques, politiques et sociaux de ce pays », a ainsi fustigé le ministère marocain.

Les sources de tensions -parfois marquées par des rappels d’ambassadeur pour « consultation »- sont relativement fréquentes entre les deux frères ennemis du Maghreb.

Les frontières algéro-marocaines sont fermées depuis 1994, et les deux pays entretiennent des relations difficiles en particulier autour de la question du Sahara occidental.

Cette ancienne colonie espagnole est en grande partie sous contrôle du royaume, qui la considère comme partie intégrante de son territoire. Mais le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, en réclame l’indépendance.

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