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Attaque au Burkina : marche silencieuse contre la « barbarie » 

Par AFP

Des manifestants se sont réunis à Ouagadougou pour dire "Non à la barbarie" après un attentat qui a fait 19 morts, le 19 août 2017. © AFP

Près d'un millier de personnes ont marché en silence samedi à Ouagadougou pour dire "Non à la barbarie!" sur l'avenue Kwame N'Krumah, principale artère de la capitale burkinabè et théâtre d'un attentat contre un café-restaurant qui a fait 19 morts le weekend dernier, selon un nouveau bilan.

A l’appel de la société civile, des personnalités culturelles et politiques, des hommes d’affaires et des leaders religieux, plusieurs centaines de personnes, majoritairement vêtues de tee-shirts blancs frappés du message « Non à la violence », ont effectué une procession sur près de 1,5 km baptisée « Burkina debout ».

Au cours de la marche encadrée par un important dispositif sécuritaire, ils ont brandi des banderoles où l’on pouvait lire: « Hommage aux victimes de l’ignominie », « le Burkina reste debout contre la barbarie, pour la démocratie et la paix » ou « non au terrorisme au Burkina et partout dans le monde ».

Les manifestants ont effectué une halte au café-restaurant Cappuccino, également situé sur l’avenue Kwame N’Krumah, principale cible de l’attaque jihadiste qui avait fait 30 morts et 71 blessés en janvier 2016, avant de se rassembler devant le restaurant Aziz Istanbul visé dimanche dernier, recouvert de tissus noirs.

Deux assaillants ont attaqué à l’arme automatique ce café-restaurant hallal du centre de Ouagadougou, faisant 19 morts selon le nouveau bilan publié samedi après la mort d’un gendarme qui figurait parmi les blessés de l’attentat qui n’a toujours pas été revendiqué.

Le maréchal des logis Sawadogo Yassia est décédé « des suites de blessures par balle, lors de l’intervention à l’attaque terroriste contre le café Aziz Istanbul le 13 aout 2017 », a déclaré le ministre burkinabè de la Défense, Jean Claude Bouda.

Il a succombé lors de son transfèrement en Tunisie pour des soins, a précisé à l’AFP une source sécuritaire.

Le nouveau bilan de l’attaque de l’Aziz Istanbul est de « 19 morts dont 10 Burkinabè et 21 blessés », selon une source proche du ministère de la Sécurité.

Lors de la manifestation de samedi, le maire de la capitale a demandé une minute de recueillement.

« Le Burkina est meurtri, les Burkinabè sont blessés dans leur chair et dans leur âme mais le pays reste debout et ne se mettra jamais à genoux devant la sauvagerie et la barbarie aveugle administrée par ceux qui ont perdu foi en Dieu et en leur propre humanité », a lancé Armand Béouindé.

Il s’agit d’une mobilisation « contre le funeste dessein de nous asservir et de nous avilir », a expliqué Harouna Kaboré, un des organisateurs de la marche, appelant à se « serrer les coudes et redresser la tête pour faire face à l’adversité ».

Des prières et des bénédictions ont également été prononcées pour le repos des âmes des victimes de l’attaque et pour le président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo mort samedi lors d’un déplacement à Paris.

« Nous prions pour les victimes de notre pays et d’ailleurs qui ont été touchées par cette barbarie et nous prions Dieu d’apaiser leurs coeurs », a déclaré le représentant de la communauté catholique, l’abbé Anatole Tiendrebéogo.

Avant de se disperser, les participants à la marche ont entonné, poing levé, l’hymne national en guise « de résistance au terrorisme ».

Pays sahélien pauvre d’Afrique de l’Ouest d’abord épargné par les attaques et enlèvements d’occidentaux, le Burkina est entré depuis avril 2015 dans un cycle d’enlèvements et d’attaques islamistes, surtout dans le nord du pays, frontalier du Mali et du Niger.