À Johannesburg, la NBA s’offre une tournée de prestige à la conquête de l’Afrique

Par AFP

Serge Ibaka, le 30 novembre 2015 contre Atlanta. © David Goldman/AP/SIPA

Dirk Nowitzki, DeMarcus Cousins, Serge Ibaka... Les étoiles de la NBA se sont donné rendez-vous à Johannesburg samedi pour un "All-Star Game" de prestige, en point d'orgue de l'opération séduction initiée par l'organisation américaine en Afrique.

Hymne américain, écran géant, concours de shoots du milieu de terrain: le TicketPro Dome de la ville sud-africaine s’est mué en mini-Madison Square Garden pour l’occasion.

Mais dans un pays pas encore converti au basket, l’enthousiasme des 10.000 spectateurs est resté modéré devant ce match à l’ambiance bon enfant et sans grande intensité, bien loin des standards de la saison régulière.

Si la « World Team » a battu la « Team Africa » (108-97), l’essentiel était ailleurs: la puissante NBA, pour cette deuxième rencontre organisé een Afrique du Sud après 2015, poursuit sa mission de promotion du basket sur le continent, d’où viennent plusieurs de ses têtes d’affiche.

« C’est incroyable comme le basket se développe en Afrique. Il y a de plus en plus de joueurs africains en NBA mais aussi dans les universités », affirme Nowitzki qui a fait le déplacement avec sa femme et ses trois enfants.

« Le continent est immense, les possibilités et le talent sont grandissants et c’est bien de pouvoir apporter notre pierre à l’édifice pour aider au développement du basket sur le continent », explique à l’AFP Thabo Sefolosha, le joueur du Jazz d’Utah, né en Suisse et formé en France, mais dont le père est né en Afrique du Sud.

– Actions sociales –

Le « All-Star Game » a été le point culminant d’une semaine d’actions de terrain des basketteurs. Au menu de ce déplacement pas comme les autres: encadrement de jeunes talents, rencontres avec des fans ou construction de maisons dans des quartiers pauvres en partenariat avec des ONG locales.

Vendredi, une dizaine de joueurs se sont rendus dans un centre pour enfants défavorisés d’Ennerdale, un township au sud de Johannesburg pour passer près de deux heures avec des enfants.

« Qu’est-ce que tu as mangé pour être aussi grand ? », lance un gamin abasourdi par les 2m13 de Nowitzki.

Au milieu des bâtisses décrépites, sur un terrain bleu et rouge flambant neuf construit il y a deux ans lors de la première tournée NBA au pays, les géants apprennent quelques mouvements aux jeunes joueurs manifestement comblés.

Le pivot des Rockets Clint Capela, suisse aux origines congolaises et angolaises, soulève des enfants dans les airs pour les faire dunker. D’autres se faufilent entre les jambes de l’intérieur camerounais des Philadelphie 76ers Joel Embiid.

« Je suis heureux, j’apprends de nouvelles techniques avec ces joueurs c’est cool. Ils veulent nous aider à réussir dans le basket », s’enthousiasme Thabo, 13 ans.

« C’est toujours spécial pour moi de venir en Afrique, l’accueil est extraordinaire on se sent comme à la maison », se réjouit Capela.

– Redonner à l’Afrique –

Thierry Henry, fan de NBA et invité VIP de cette tournée, regarde d’un oeil amusé les shoots hésitants de ces basketteurs en herbe.

« Le continent africain a beaucoup donné à la NBA, des grands noms y ont évolué. C’est important de redonner un peu et c’est ce qu’ils sont en train de faire », note l’ancien attaquant des Bleus.

C’est la deuxième fois que la NBA se rend en Afrique du Sud pour organiser une telle rencontre.

« En 2050, un quart de la population mondiale vivra en Afrique, donc en tant que business nous sommes tournés vers ce large marché et nous voyons d’énormes opportunités. Nous pensons accélérer notre croissance ici », affirme Adam Silver, le patron de la NBA.

En 2015, emmenée par les frères Gasol, la « Team World » avait déjà brisé le rêve de leurs rivaux Africains d’un soir (101-97).

Un troisième match est d’ores et déjà prévu pour l’année prochaine. La NBA devrait cette fois quitter l’Afrique du Sud pour une autre terre de basket sur le continent.