RDC : le chef rebelle Sheka remis aux autorités de Kinshasa

Par AFP

Des soldats de la Monusco en patrouille devant les locaux d'une entreprise dans le village de Bushendo, dans le Nord-Kivu, en RDC, en juin 2016. © Monusco Photos/CC/Flickr

Le chef rebelle Sheka Ntabo Ntaberi, poursuivi pour crime contre l'humanité et viols massifs avec sa milice en 2010 dans l'est congolais, a été remis vendredi aux autorités de Kinshasa, neuf jours après sa reddition, a déclaré la mission locale de l'ONU.

Sheka Ntabo Ntaberi « a été remis aux autorités [congolaises] à Kinshasa », a déclaré à l’AFP Fabienne Pompey, porte-parole de la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (Monusco).

Commandant de la milice Nduma Defense of Congo (NDC), Sheka s’était rendu le 26 juillet auprès des Casques bleus de la Monusco dans le Nord-Kivu et était détenu à Goma, capitale de cette province troublée.

Ce chef rebelle s’est rendu en sachant qu’il faisait l’objet « d’un mandat d’arrêt national pour crime contre l’humanité » émis contre lui par les autorités congolaises en janvier 2011, avait alors indiqué la Monusco.

Après sa reddition, l’ONG américaine Human Rights Watch (HRW) a souhaité que les autorités congolaises, avec le soutien des Nations unies, garantissent la sécurité de Sheka en détention pour qu’il soit traduit rapidement en justice et soit jugé « au cours d?un procès équitable et crédible ».

La milice de la NDC a été créée en 2009 par Sheka Ntabo Ntaberi mais une partie de ses troupes, évaluée à 300 hommes, a fait dissidence et a formé la NDC-Renouveau.

Le NDC-Sheka, qui compterait moins de cent hommes, affronte régulièrement sa rivale dans l’Est, région déchirée par plus de vingt ans de conflits armés.

En juin 2015, la Monusco avait lancé des opérations militaires contre la NDC après que cette milice eut incendié pendant plusieurs jours des villages de l’est.