Égypte : au moins 38 morts dans deux attentats de l’EI contre des églises

Par AFP

Un policier égyptien garde la place Tahrir le 25 janvier 2017 au Caire. © AFP

Deux attentats à la bombe revendiqués par le groupe Etat islamique ont visé dimanche des églises coptes en Egypte, faisant au moins 27 morts dans la ville de Tanta et 11 morts à Alexandrie, avant une visite du pape prévue dans trois semaines.

L’attentat d’Alexandrie, la grande ville du nord du pays, a été perpétré par un kamikaze « équipé d’une ceinture explosive », qui a tenté de pénétrer dans l’église Saint-Marc où se trouvait le pape copte orthodoxe Tawadros II à l’occasion de la fête des Rameaux. Des policiers l’en ont empêché et il s’est alors fait exploser, selon le ministère de l’Intérieur.

L’Eglise copte a rapidement précisé que son chef n’avait pas été atteint, et qu’il se « porte bien ».

Le ministère n’a pas expliqué comment l’attentat de Tanta avait été commis.

Les deux attaques ont été revendiquées en début d’après-midi par l’EI, dont la branche égyptienne avait récemment appelé à viser la communauté copte.

Le premier attentat a eu lieu peu avant 10H00 en pleine célébration des Rameaux dans l’église Mar Girgis (Saint-George) de Tanta, une grande ville située à une centaine de km du Caire dans le delta du Nil.

Le bilan s’est rapidement alourdi, montant à 27 morts et 78 blessés selon le ministère de la Santé.

« L’explosion a eu lieu aux premiers rangs, près de l’autel, durant la messe », a précisé à l’AFP le général Tarek Atiya, adjoint du ministre de l’Intérieur en charge des médias.

Quelques heures plus tard, une autre explosion a eu lieu à l’église Mar Morcos (Saint-Marc) à Alexandrie, faisant 11 morts et 35 blessés.

A Tanta, des images diffusées par la chaîne de télévision privée Extra news ont montré le sol et les murs blancs de l’église couverts de sang, ainsi que des bancs en bois détruits.

Après avoir inspecté les lieux, la police a établi un cordon de sécurité, devant lequel plusieurs personnes étaient rassemblées pour crier leur colère, a constaté une journaliste de l’AFP.

– Attaques sanglantes –

Ces attentats interviennent 19 jours avant une visite du pape François prévue les 28 et 29 avril en Egypte.

« J’exprime mes profondes condoléances à mon cher frère, sa sainteté le pape Tawadros II, à l’Eglise copte et à toute la chère nation égyptienne. Je prie pour les défunts et les blessés », a réagi le pontife argentin.

Le Premier ministre Chérif Ismaïl a condamné l’attentat de Tanta, soulignant « la détermination de l’Etat à éradiquer de tels actes terroristes, et éliminer à la racine le terrorisme ».

Parallèlement, Al-Azhar, prestigieuse institution de l’islam sunnite basée au Caire, a condamné « un attentat terroriste lâche ».

Le président français François Hollande a dénoncé un « attentat odieux », affirmant dans un communiqué que la France « est pleinement solidaire de l’Egypte ».

Ces nouvelles attaques interviennent quatre mois après un attentat suicide spectaculaire, revendiqué par l’EI et qui avait frappé le 11 décembre au Caire l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, faisant 29 morts.

Les Coptes orthodoxes d’Egypte représentent la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient, constituant 10% des 92 millions d’Egyptiens, et l’une des plus anciennes.

Ils se disent victimes de discriminations dans tout le pays de la part des autorités et de la majorité musulmane.

L’attaque du Caire avait relancé les appels à durcir la lutte contre la mouvance jihadiste en Egypte, en particulier dans le Sinaï où elle a mené une série d’attaques sanglantes contre les forces de sécurité.

La branche locale de l’EI avait revendiqué un attentat à la bombe ayant coûté la vie, le 31 octobre 2015, aux 224 occupants d’un avion transportant des touristes russes après son décollage de Charm el-Cheikh, station balnéaire du sud du Sinaï.

Le premier avril, un policier a été tué et quinze personnes ont été blessées dans l’explosion d’une moto piégée devant un centre de formation de la police à Tanta.

Par ailleurs, l’église Mar Girgis de Tanta avait indiqué fin mars sur sa page Facebook qu’un « objet suspect » avait été retrouvé devant le bâtiment et qu’une équipe de démineurs l’avait récupéré et transporté « dans un véhicule spécial ».