Égypte : au moins 15 morts dans un attentat dans une église

Par AFP

Un policier égyptien garde la place Tahrir le 25 janvier 2017 au Caire. © AFP

Un attentat à la bombe a fait au moins 15 morts dimanche dans une église de la ville de Tanta, à 120 km au nord du Caire, trois semaines avant la visite du pape en Egypte, selon l'Eglise copte d'Egypte.

L’explosion a également fait plus d’une quarantaine de blessés selon les médias d’Etat, au moment où la communauté chrétienne s’apprête à célébrer la semaine sainte qui commence ce dimanche avec la fête des Rameaux.

Un responsable du service des urgences de l’hôpital universitaire de Tanta, où ont été transférés les victimes, a affirmé à l’AFP qu’il y avait plus de 13 morts. Le bilan a ensuite été porté à 15 morts par l’Eglise copte.

L’explosion a eu lieu peu avant 10H00 dans l’église Mar Girgis de Tanta, dans le delta du Nil, selon la télévision d’Etat.

Parlant au téléphone à la télévision Nile news, le gouverneur de Gharbiya le général Ahmad Deif a affirmé que l’explosion avait eu lieu à l’intérieur de l’église ».

Il a dit que les services de sécurité avaient ratissé la zone de l?église pour s’assurer qu’il n’y avait pas d’autres engins explosions à proximité.

Selon lui, il n’y a pas encore d?informations sur la nature de l’attentat. « Soit une bombe a été placée dedans, soit quelqu’un s’est fait exploser », a-t-il indiqué.

Cet attentat intervient avant une visite du pape François prévue les 28 et 29 avril en Egypte, alors que la branche locale du groupe jihadiste Etat islamique a appelé à viser des chrétiens.

L’EI avait revendiqué l’attentat suicide qui, le 11 décembre, avait tué 29 personnes en pleine célébration, dans l’église copte Saint-Pierre et Saint-Paul, contigüe de la cathédrale copte Saint-Marc, au Caire.

Cet attentat avait été mené par un kamikaze qui a fait exploser une ceinture explosive. En le revendiquant, l’EI avait affirmé sa détermination à continuer les attaques contre « tout infidèle ou apostat en Egypte et partout ».

– Attaques sanglantes –

La communauté copte n’avait pas connu d’attentat aussi meurtrier depuis l’attaque suicide ayant fait plus d’une vingtaine de morts le 1er janvier 2011 à la sortie d’une église à Alexandrie, dans le nord de l’Egypte.

L’attaque du Caire a relancé les appels à durcir la lutte contre la mouvance jihadiste en Egypte, en particulier dans le Sinaï où elle a mené une série d’attaques sanglantes contre les forces de sécurité.

Les Coptes orthodoxes d’Egypte représentent la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient, constituant 10% des 92 millions d’Egyptiens, et l’une des plus anciennes.

Ils se disent victimes de discriminations dans tout le pays de la part des autorités et de la majorité musulmane.

En août 2013, des partisans de l’ancien président, l’islamiste Mohamed Morsi, renversé par l’armée, avaient incendié des dizaines d’églises et de propriétés coptes après la répression policière qui a coûté la vie à des centaines de manifestants islamistes au Caire.

L’armée égyptienne a annoncé le 2 avril avoir tué en mars dans un raid aérien Abou Anas al-Ansari, un des cadres fondateurs de la branche locale de l’EI, Ansar Beït al-Maqdess.

Auteur de nombreux attentats contre les forces de l’ordre dans le nord du Sinaï, le groupe jihadiste Ansar Beït al-Maqdess avait prêté allégeance à l’EI en novembre 2014, se rebaptisant alors « Province du Sinaï ».

Le groupe ultraradical avait revendiqué un attentat à la bombe ayant coûté la vie, le 31 octobre 2015, aux 224 occupants d’un avion transportant des touristes russes après son décollage de Charm el-Cheikh, station balnéaire située dans le sud du Sinaï.

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