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Tanzanie : un ex-ministre exhorte à faire cesser « actes criminels » et « disparitions »

Par AFP

John Magufuli, alors candidat à la présidentielle, s'exprime à un meeting à Dar es-Salaam le 23 octobre 2015 © Khalfan Said/AP/SIPA

L'ex-ministre de l'Information tanzanien, limogé en mars, a exhorté le président John Magufuli à mettre en place une commission indépendante pour enquêter sur de récents "actes criminels" et "disparitions de personnes" qui selon lui "ternissent l'image" du pays.

Nape Nnauye, considéré comme une personnalité influente parmi les jeunes dirigeants du Chama cha Mapinduzi (CCM), parti au pouvoir, a été limogé le 23 mars par le président Magufuli pour avoir critiqué l’intrusion musclée du gouverneur de la province de Dar es Salaam dans les studios d’une des principales radio-télévisions privées du pays.

Le gouverneur avait fait irruption avec six hommes armés et en uniforme dans les locaux de Clouds FM, intimant l’ordre à la rédaction de diffuser une vidéo. Cette intrusion avait suscité un tollé général dans le pays, y compris dans les rangs du parti au pouvoir.

Le 26 mars, un célèbre rappeur, Nay wa Mitego, a été arrêté – puis libéré le lendemain – en raison d’une chanson critiquant le pouvoir du président Magufuli.

Mercredi, un rappeur tanzanien connu pour ses textes antigouvernementaux a été emmené avec quatre de ses collaborateurs par des personnes non identifiées habillées en civil, et n’a plus donné signe de vie depuis. Vendredi soir, le ministère de l’Information s’est dit « peiné » d’apprendre la nouvelle de cette disparition, et a assuré suivre « de près cette affaire qui semble criminelle ».

Lors d?un meeting samedi à Mtama (sud), sa circonscription électorale, Nape Nnauye, qui a conservé son poste de député, a exhorté le président à « mettre en place une commission d?enquête indépendante sur ces actes criminels ».

« Nous, Tanzaniens, ne sommes pas habitués aux disparitions de personnes, ni à (voir) des gens menacer publiquement les autres par les armes (…) Je demande (au président) de faire en sorte que cela cesse car ces actes sèment un climat de peur au sein de la population?, a-t-il estimé.

« Ces actes ternissent l?image de la Tanzanie devant la communauté internationale. Nous risquons d?être mis en quarantaine?, a ajouté le député, dont le meeting était retransmis en direct sur internet.

« Quand la commission aura rendu son rapport, que le président prenne les décisions qui s?imposent (…) », a-t-il poursuivi, estimant que « ces actes criminels orchestrés par certains individus » ne font que dresser la population contre le président et son parti.

« Je prie le président de dissocier le CCM de ces criminels », a-t-il en réclamé.

Surnommé « Tingatinga » (« Bulldozer » en swahili), le président Magufuli a marqué les esprits depuis son élection en octobre 2015, déployant un style inhabituellement direct, voire abrupt, dans son exercice du pouvoir. Au point que ses détracteurs le qualifient désormais d’autoritaire et de populiste.

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