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Une ONG tunisienne accuse des militants pro-islamistes de l’avoir attaquée

Par AFP

Une ONG tunisienne accuse des militants pro-islamistes de l'avoir attaquée © AFP

L'Association tunisienne de soutien des minorités, qui lutte contre l'antisémitisme et l'homophobie, a accusé mercredi une organisation controversée de militants proches des islamistes au pouvoir d'avoir vandalisé et cambriolé ses locaux.

« Notre local a été vandalisé et cambriolé, nous venons de porter plainte. Nous savons très bien qui a fait ça, c’est la Ligue de protection de la révolution qui nous a menacés à plusieurs reprises », a déclaré à l’AFP Yamina Thabet, la présidente de l’assocation.

Elle a précisé que les sections de la Ligue dans les quartiers du Kram et de la Goulette (banlieue de Tunis) avaient mis en garde l’association, via le réseau social Facebook et oralement, contre des représailles à cause de l’organisation le 29 décembre d’une commémoration de la déportation des juifs tunisiens durant la Seconde guerre mondiale.

« Ils nous ont traités de sionistes, et d’autres choses que je n’ose pas répéter. Ils nous ont dit ‘on v’a s’occuper de vous' », a ajouté Mme Thabet.

Selon elle, le ministre de l’Intérieur Ali Larayedh a promis de « se charger lui-même de l’affaire ».

La Ligue de protection de la révolution, sorte de milice favorable aux islamistes d’Ennahda qui dirigent le gouvernement, est au coeur de plusieurs scandales.

Elle est accusée d’avoir attaqué en décembre les locaux du principal syndicat du pays, l’UGTT, et d’être responsable du meurtre en octobre d’un militant de l’opposition dans le sud du pays. De nombreux partis et ONG ont demandé la dissolution de cette organisation.

L’Association tunisienne de soutien des minorités est très active dans les domaines de la lutte contre l’antisémitisme et la reconnaissance des droits des homosexuels, alors que l’homosexualité est passible de trois ans de prison en Tunisie.

En décembre, cette ONG a porté plainte pour incitation à la haine contre un imam de la banlieue de Tunis, dont un prêche appelant à un génocide divin des juifs avait été diffusé à la télévision en direct le 30 novembre.

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