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Afrique du Sud: la grève des ouvriers agricoles s’essouffle

Par AFP

Afrique du Sud: la grève des ouvriers agricoles s'essouffle © AFP

La grève des ouvriers agricoles de la région du Cap pour de meilleures salaires semblait s'essoufler jeudi, certains d'entre eux participants à une marche pacifique alors que des milliers d'autres retournaient au travail.

Ils réclament depuis novembre un doublement du salaire minimum de 69 à 150 rands par jour (6 à 13 euros). Après une pause pendant la période des fêtes, la grève avait repris le 9 janvier, et des échauffourées ont opposé grévistes et policiers, faisant au moins un mort parmi les ouvriers.

Jeudi, les syndicats ont étalé leurs divergences: la confédération syndicale Cosatu a appelé à la suspension de la grève pour une semaine, sauf à De Doorns, là où le mouvement est le plus actif.

« Le Cosatu appelle à la suspension de la grève jusqu’au 22 janvier partout sauf à De Doorns, pour donner une chance aux négociations », a indiqué à l’AFP le représentant régional du syndicat, Tony Ehrenreich.

Epicentre du conflit, la localité viticole de De Doorns, à 140 km au nord-est du Cap, a été exclue parce que « les travailleurs là-bas ont spécifiquement dit qu’il voulaient poursuivre le mouvement », a-t-il précisé.

M. Ehrenreich s’est parallèlement félicité de la signature d’un accord à Clanwilliam, un bourg agricole du nord de la province où les travailleurs ont mis fin à leur grève après avoir accepté 105 rands, indiquant dans un communiqué qu’il pourrait être une bonne base pour un accord global.

D’autres syndicats ont prôné une poursuite du mouvement. « Nous allons marcher vers les fermes pour remettre un mémorandum à chacune d’elle », a affirmé Nosey Pieterse, le secrétaire général du syndicat Bawsi, le plus virulent, en marge de la manifestation de De Doorns jeudi matin.

« La grève a été suspendue à Clanwilliam parce qu’un accord a été conclu à Clanwilliam. Cependant, dans d’autres endroits il n’y a pas d’accord, donc la grève se poursuit », a-t-il expliqué.

« Nous n’allons pas reprendre le travail là où il n’y a pas d’accord », a-t-il insisté, ajoutant que « de ce que nous avons vu et entendu, les gens sont toujours en grève ».

Le conflit des ouvriers agricoles, entamé en novembre et repris le 9 janvier après une interruption pendant les fêtes, a donné lieu à de nombreuses violences, incendies d’exploitations et d’entreprises agroalimentaires, et blocages de routes. Il a fait trois morts.

Il s’accompagne d’échauffourées récurrentes avec la police, qui n’hésite pas à utiliser balles en caoutchouc, gaz lacrymogènes, canons à eau et grenades assourdissantes pour repousser les manifestants –notamment à De Doorns– et multiplie les arrestations.

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