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Mali: les islamistes ont la « capacité de destruction d’une armée », selon un officier malien

Par AFP

Mali: les islamistes ont la "capacité de destruction d'une armée", selon un officier malien © AFP

Les groupes islamistes du nord du Mali ont la "capacité de destruction" d'une véritable armée, a affirmé dimanche le colonel des forces maliennes Laurent Mariko, commandant de la zone de Gao, qui présentait à la presse des armements, notamment lourds, saisis dans la région depuis le 26 janvier.

« En face, ça nous donne une idée d’une armée, en fait, des organisations qui ont les capacités d’une armée, la capacité de destruction d’une armée », a déclaré le colonel Mariko.

Selon lui, ces stocks (fusils d’assaut, mitrailleuses, lance-roquettes, obus, explosifs. . . ) saisis par les forces françaises et maliennes étaient « des stocks de l’armée malienne mais aussi de la gendarmerie sénégalaise ou d’autres pays limitrophes ».

Parmi les armements exposés, une journaliste de l’AFP à Gao a notamment vu des fusils d’assaut dont des M-16 américains, des fusils à pompe, des fusils de tireur d’élite de fabrication tchèque, un panier de roquettes de fabrication russe à monter sur hélicoptère, des lance-roquettes multiples, des obus de 155 mm, des explosifs avec leur détonateur et de la grenaille ainsi que des uniformes de différents corps de l’armée malienne.

Elle a aussi vu des autocollants avec des drapeaux des Emirats arabes unis.

Gao, plus grande ville du nord du Mali à 1. 200 km de Bamako, a été occupée pendant neuf mois en 2012 par des groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda et a été reprise par les armées française et malienne le 26 janvier.

Depuis, elle a été le théâtre de violences de la part de jihadistes qui s’y sont infiltrés et y ont commis les premiers attentats-suicides de l’histoire du Mali.

L’armée malienne, sous-équipée, a été mise à rude épreuve en 2012 par les groupes armés, particulièrement islamistes, qui, selon plusieurs sources concordantes, se sont notamment approvisionnés en armes lourdes en Libye, à la faveur de la chute de Mouammar Kadhafi – dirigeant libyen déchu et tué en 2011 – dont le régime possédait un arsenal important.

En avril 2012, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho), une ONG basée à Dakar, avait évoqué « des milliers de rebelles » ayant quitté la Libye « avec 35. 000 tonnes d’armements » et qui ont pu entrer au Mali.

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