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Égypte : deux ans de prison pour le président du syndicat de la presse

Par AFP

Khaled Elbalshy, membre du Syndicat de la presse égyptienne, manifeste devant le siège du Syndicat des journalistes, le 4 mai 2016 au Caire. © Mohamed el-Shahed/AFP

Le président du syndicat de la presse égyptienne Yehya Kallache et deux de ses collaborateurs ont été condamnés samedi à deux ans de prison chacun pour avoir abrité deux reporters, des "hommes recherchés par la justice", a annoncé un responsable judiciaire.

L’arrestation de ces deux reporters lors d’un raid au siège du syndicat puis l’interpellation des trois membres de cet organisme avaient entraîné des manifestations de journalistes dénonçant « un recul » de la liberté de la presse depuis l’arrivée au pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi.

Le 1er mai, des policiers avaient forcé l’entrée du bâtiment du syndicat des journalistes pour y arrêter les reporters Amro Badr et Mahmoud Saqqa, accusés notamment d' »incitation à manifester », alors qu’une loi interdit depuis novembre 2013 tout rassemblement non autorisé par le ministère de l’Intérieur.

L’incident avait déclenché des passes d’armes entre la direction du syndicat et le ministère de l’Intérieur, M. Kallache dénonçant un régime « en guerre contre le journalisme » et réclamant la démission du ministre de l’Intérieur.

Yehya Kallache, le secrétaire général du syndicat, Gamal Abdelrahim et le chef de sa commission des libertés Khaled Elbalshy avaient ensuite été interpellés fin mai. Ils ont été relâchés depuis.

Le tribunal a par ailleurs fixé samedi à 10.000 livres égyptiennes (580 euros) la caution qu’ils devront acquitter chacun pour rester en liberté avant un éventuel appel.

Les trois hommes ont été punis « pour avoir protégé des journalistes (confrontés à) des harcèlements et des menaces (…), a réagi dans un communiqué Sherif Mansour chargé du Moyen-Orient au Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

S’agissant des deux reporters arrêtés début mai, qui travaillaient pour un site internet critique du président Sissi, ils avaient été accusés d' »inciter à manifester ». Ils avaient été relâchés fin août et les poursuites à leur encontre avaient été abandonnées.

Peu avant son arrestation, M. Saqqa avait annoncé sur Facebook sa participation à une manifestation contre une décision controversée du gouvernement de rétrocéder deux îles de la mer Rouge, Tiran et Sanafir, à l’Arabie saoudite.

Un tribunal administratif a annulé la rétrocession des deux îlots inhabités, mais le gouvernement a fait appel.

L’affaire de l’arrestation des reporters et des membres du syndicat avait été qualifiée par l’Union européenne de « développement inquiétant » pour la liberté d’expression en Egypte.

Les organisations de défense des droits de l’Homme accusent régulièrement M. Sissi, élu président en juin 2014, de museler la liberté d’expression et de réprimer toute critique contre son pouvoir.

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