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RD Congo : RFI coupée et forte mobilisation policière contre un meeting d’opposition interdit

Par AFP

Des partisans de l'opposition congolaise, le 31 juillet 2016 à Kinshasa. © John Bompengo/AP/SIPA

Le signal de la radio française RFI était coupé samedi matin à Kinshasa où la police était déployée en masse pour empêcher la tenue d'un rassemblement d'opposition contre le président congolais Joseph Kabila interdit par les autorités.

Vers 08h15 (07h15 GMT), des agents ont tiré cinq grenades lacrymogènes pour disperser une soixantaine de jeunes près de la résidence de l’opposant congolais, Étienne Tshisekedi, dans le centre-est de la capitale de la République démocratique du Congo, a constaté un journaliste de l’AFP.

Un militant a été blessé à la tête par l’explosion d’un des projectiles. Non loin, deux hommes ont été interpellés violemment.

Le déploiement de la police (force anti-émeutes, canons à eau) était visible dans le nord de la capitale depuis 05h30 (04h30 GMT).

Vers 08h00 (07h00 GMT), plusieurs dizaines de jeunes gens d’une vingtaine d’années, encadrés par des policiers, occupaient en jouant au football l’esplanade proche du Parlement où un « Rassemblement » d’opposition constitué autour de M. Tshisekedi a appelé à manifester pour réclamer le départ de M. Kabila le 20 décembre, date de la fin de son deuxième mandat.

Le meeting a été annoncé pour 11h00 (10h00 GMT).

RFI est l’une des radios les plus écoutées en RDC. Son signal est souvent coupé depuis deux ans les jours de manifestation contre M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, et à qui la Constitution interdit de se représenter.

Il était néanmoins possible d’écouter la radio française à Kinshasa sur la fréquence de Brazzaville, la capitale de la République du Congo voisine.

La RDC traverse une crise politique profonde depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011, aggravée par le renvoi de la présidentielle à une date non fixée à la suite d’un accord conclu en octobre entre la majorité et une frange minoritaire de l’opposition.

Les autorités de la ville-province de Kinshasa ont interdit toute manifestation publique jusqu’à la fin de l’année à la suite des violences meurtrières des 19 et 20 septembre en marge d’une manifestation du « Rassemblement ». Selon l’ONU, ces heurts ont coûté la vie à 49 civils et 4 policiers.

Vendredi, la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) a appelé le pouvoir et le Rassemblement « à faire preuve de retenue » samedi. Plusieurs patrouilles de policiers onusiens ont été vues samedi matin à Kinshasa.

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