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Tunisie: trois hauts responsables limogés après des troubles sociaux

Par AFP

Le Premier ministre, Youssef Chahed, tient un discours au Parlement le 26 août 2016. © Riadh Dridi/AP/SIPA

La présidence du gouvernement a annoncé vendredi le limogeage de trois hauts responsables du gouvernorat de Jendouba (nord-ouest), une région de l'intérieur de la Tunisie, théâtre de troubles sociaux depuis le début du mois.

« Le chef du gouvernement Youssef Chahed a décidé de démettre de leurs fonctions le gouverneur de Jendouba, ainsi que le délégué et le secrétaire général de la délégation de Fernana », est-il indiqué dans un communiqué.

Le motif de ces limogeages n’est pas mentionné, et la présidence du gouvernement n’a pu être jointe.

Mais cette décision intervient alors que la ville de Fernana, située à environ 20 km au nord de Jendouba, a connu au cours des 15 derniers jours des troubles sociaux consécutifs à l’immolation par le feu d’un propriétaire de café. Selon des médias locaux, un « différend » opposait cet homme âgé de 39 ans aux services administratifs de la délégation de la ville.

La tension est montée d’un cran après l’annonce de son décès le 11 septembre. Des manifestants ont bloqué des routes et brûlé des pneus, dénonçant leur marginalisation et réclamant le départ de responsables, a dit par téléphone à l’AFP un habitant de Fernana, confirmant les informations de presse.

Dans l’attente des premières élections locales de l’après-révolution, des « délégations spéciales » sont chargées de gérer les affaires courantes des municipalités en Tunisie.

Le pays est marqué par de fréquents mouvements sociaux depuis la chute en 2011 de la dictature de Zine el Abidine Ben Ali, largement motivée par la misère et les inégalités régionales.

En janvier, un haut responsable du gouvernorat de Kasserine, dans le centre défavorisé, avait déjà été limogé à la suite du décès controversé d’un jeune lors d’une manifestation pour l’emploi.

La contestation s’était toutefois poursuivie, avant de gagner d’autres régions. La Tunisie avait alors connu pendant plusieurs jours sa plus importante contestation sociale depuis la révolution.

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